Le problème qui oppose l’entrepreneur Ramco, chargé par le Conseil du développement et de la reconstruction de la collecte des déchets dans le Mont-Liban nord et une partie de Beyrouth, à ses ouvriers bangladais, persiste. Ces travailleurs sont en grève depuis début avril, et la confrontation avec leur employeur a nécessité une intervention très critiquée et musclée des forces de l’ordre la semaine dernière dans le cadre de l’entreprise. Alors que se passe-t-il et où en est le conflit entre les deux parties ?
Walid Bou Saad, directeur de l’entreprise de ramassage des ordures, indique à L’Orient-Le Jour qu’il a tenu une longue réunion avec le consul du Bangladesh hier, afin de discuter du cas des ouvriers qui veulent rentrer chez eux. « Notre problème avec ces employés se résume au paiement en dollars, qui devient de plus en plus problématique, explique-t-il. Nous avons quelque 250 ouvriers bangladais, les autres sont indiens ou libanais (600 en tout). Une centaine de Bangladais demandent à rentrer dans leur pays, nous essayons de trouver une formule à travers laquelle les aéroports au Liban et au Bangladesh pourraient être ouverts afin de permettre leur rapatriement. » Il ajoute que ces ouvriers en grève ne travaillent pas depuis début avril et ne sont donc pas payés, une question qui figure également au menu des négociations avec le consul du Bangladesh, en vue d’un compromis. Actuellement, avec la baisse d’activité, l’entreprise fonctionne avec 200 ouvriers à peine, ajoute-t-il.
Concernant l’intervention des forces de l’ordre, M. Bou Saad assure que les employés en grève avaient voulu empêcher leurs collègues de se rendre au travail, causant même des dégâts dans l’entreprise, d’où l’appel à la police, ce qui n’a pas pu être confirmé auprès des travailleurs.
Dans un texte rédigé en anglais circulant sur les réseaux sociaux et dont L’OLJ a pu confirmer l’authenticité, les travailleurs ont exprimé leurs revendications. Dans ce document, ils exigent d’être payés avant le 5 de chaque mois, de bénéficier d’un jour de congé par semaine… et se plaignent de leurs conditions de vie au sein de l’entreprise. M. Bou Saad balaie tous ces reproches, affirmant que l’ambassade du Bangladesh a pu vérifier que les conditions de vie étaient très correctes, et que tous les besoins des ouvriers ont été pris en compte, les loisirs inclus. « Pour ce qui est des vacances, il y a un malentendu, les ouvriers ont quatre jours de congé par mois et certains veulent même travailler durant ces journées pour encaisser les heures supplémentaires », affirme-t-il.De jeunes militants libanais avaient protesté la semaine dernière devant le siège de Ramco, à Hamra, pour dénoncer les atteintes de l’entreprise à la main-d’œuvre migrante. La Sûreté générale a, de son côté, annoncé que des vols commenceraient à être organisés à partir du 20 mai pour les travailleurs étrangers qui souhaitent rentrer sur une base volontaire dans leur pays. Des vols au départ de l’aéroport de Beyrouth sont déjà prévus à cette date pour les ressortissants égyptiens et éthiopiens.


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