Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Liban

Nominations : Audi critique à nouveau le gouvernement et veut un critère unifié

Le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Elias Audi. Photo d'archives Ani

Le métropolite de Beyrouth, Mgr Elias Audi, a critiqué dimanche le gouvernement de Hassane Diab, sur fond de polémique autour de la nomination d'un nouveau mohafez de Beyrouth, un poste-clé dans lequel l’archevêque grec-orthodoxe Mgr Élias Audi a traditionnellement son mot à dire. Une coutume qui, de l’avis de nombreux juristes, va à l’encontre de l’article 95 de la Constitution qui prohibe la consécration d’un poste donné au sein de la fonction publique à une communauté précise. Ce dossier s’est compliqué, à partir du moment où le Premier ministre a insisté pour nommer sa conseillère, Pétra Khoury (proche du CPL), à la tête du mohafazat de Beyrouth.

Dans son homélie dominicale, Mgr Audi a déploré la discrimination envers sa communauté. "Avons-nous manqué dans notre amour pour notre patrie ou notre service envers elle ? Avons-nous conclu des marchés douteux ou contribué au pillage de la patrie ou son appauvrissement ? Avons nous semé la discorde au sein de sa population ?", s'est-il interrogé. "Nous avons toujours réclamé l'égalité", a rappelé le métropolite de Beyrouth.

Pour le dignitaire grec-orthodoxe, "le pays ne peut être l'apanage de quiconque ni être divisé". "Ce qui nous peine, c'est que nous vivons dans une période où les citoyens sont la cible de discrimination en fonction de leur communauté ; une période durant laquelle les orthodoxes se voient écartés du service de leur pays. Au lieu de profiter des ressources des fils de la communauté, on les ignore", a-t-il encore dénoncé, sans dire de manière explicite qui il vise par ses propos, alors que le Premier ministre, Hassane Diab, est pointé du doigt par le métropolite dans ce dossier.

"Nous sommes contre les marchés et nous sommes en faveur d'un Etat civil et juste. Auriez-vous le courage d'aller vers un tel Etat ?", a encore demandé Mgr Audi. "Adoptez un critère unifié pour les nominations afin qu'il s'applique à tous. Si votre gouvernement est celui de tout le pays, vous devriez profiter de toutes les ressources et accorder à chacun ses droits sans contrepartie (...)", a conclu le prélat grec-orthodoxe.

Une série de nominations se fait attendre sur fond de divergences politiques autour des noms des candidats, parfois au sein même du gouvernement Diab. Le projet de nomination le plus immédiat concerne le remplacement de Ziad Chbib comme mohafez de Beyrouth dont le mandat expire le 19 mai.

Depuis l’ébruitement de l’affaire du remplacement de M. Chbib, Mgr Audi, qui avait parrainé en 2014 sa candidature, s’est rebellé, contestant le fait que le changement souhaité ne concerne visiblement que la capitale alors qu’aucun des autres mohafez dans les régions n’est visé par la permutation. Selon des sources informées, l’archevêque s’est récemment réuni avec le ministre de l’Intérieur Mohammad Fahmi pour lui faire part de son mécontentement. Il aurait fini par accepter le remplacement de M. Chbib mais à condition que cela se fasse sur la base d’un mécanisme et de critères clairs qui s’appliquent à tous. Une condition qui vraisemblablement n’a pas été prise en considération par MM. Fahmi et Diab.

Selon les informations obtenues, un autre mohafez devrait être chargé d’assurer l’intérim à Beyrouth en attendant la nomination d’un remplaçant à Ziad Chbib. 

Le métropolite de Beyrouth, Mgr Elias Audi, a critiqué dimanche le gouvernement de Hassane Diab, sur fond de polémique autour de la nomination d'un nouveau mohafez de Beyrouth, un poste-clé dans lequel l’archevêque grec-orthodoxe Mgr Élias Audi a traditionnellement son mot à dire. Une coutume qui, de l’avis de nombreux juristes, va à l’encontre de l’article 95 de la Constitution qui prohibe la consécration d’un poste donné au sein de la fonction publique à une communauté précise. Ce dossier s’est compliqué, à partir du moment où le Premier ministre a insisté pour nommer sa conseillère, Pétra Khoury (proche du CPL), à la tête du mohafazat de Beyrouth.Dans son homélie dominicale, Mgr Audi a déploré la discrimination envers sa communauté. "Avons-nous manqué dans notre amour pour notre patrie ou...