Des fidèles, certains portant des masques de protection contre le coronavirus, lors d'une veillée de prière à l'occasion de la Nuit de Destin, le 13 mai 2020, à Téhéran. AFP / ATTA KENARE
Les autorités iraniennes se sont dit jeudi inquiètes face à de possibles foyers d'infections au nouveau coronavirus dans au moins trois provinces du pays, et ont annoncé 71 nouveaux décès ainsi que plus de 1.800 cas à travers le pays.
Avec 114.533 cas dont 6.854 décès enregistrés officiellement selon les chiffres annoncés jeudi par le ministère de la Santé, l'Iran est le pays le plus endeuillé par la pandémie de Covid-19 au Proche et Moyen-Orient. "La situation est semblable à celle qu'on a connue ces derniers jours (dans la plupart des provinces) à l'exception du Khouzestan (sud-ouest), qui demeure critique, et elle pourrait également être critique au Khorassan du Nord" dans le nord-est du pays, a déclaré jeudi le porte-parole du ministère de la Santé, Kianouche Jahanpour. "Si cette tendance se poursuit, le Khorassan du Nord va lui aussi avoir besoin de mesures sérieuses", a-t-il ajouté dans son point de presse quotidien télévisé.
Lundi, le ministère de la Santé avait signalé un "retour en arrière au Khouzestan, avec une hausse des hospitalisations et le non-respect des protocoles" sanitaires. Les autorités ont de nouveau fermé les administrations publiques, les banques et commerces jugés non essentiels dans près d'un tiers des comtés de la province. Depuis le mois dernier, les autorités ne donnent plus de chiffres sur la maladie province par province. Dans celle du Sistan-Balouchistan (sud-est), les autorités ont également dit craindre un nouveau foyer d'infections.
"Nous n'avions pas vu une telle hausse des infections au coronavirus" depuis fin février, souligne Ghassem Miri, directeur adjoint de l'Université des sciences médicales de Zahedan, chef-lieu du Sistan-Balouchistan. Le nombre total de personnes infectées dans cette province frontalière du Pakistan et de l'Afghanistan est de 909, dont 821 guérisons et 59 décès, estime-t-il auprès de l'agence de presse ILNA. Cette hausse est due au non respect par la population des mesures de "distanciation sociale et des protocoles sanitaires", selon lui.
Les autorités ont permis à plus de 150 comtés à travers le pays, considérés à bas risque, de rouvrir temporairement leurs mosquées. Depuis le 11 avril, le gouvernement a autorisé une reprise progressive de l'activité économique et levé les restrictions imposées aux déplacements entre les villes. Le vice-ministre de la Santé Iraj Haririch a de plus annoncé jeudi que les athlètes pouvaient reprendre leur entraînement dans 29 disciplines dont le tennis et l'haltérophilie. Une décision concernant la ligue de football serait prise samedi, a-t-il ajouté, cité par l'agence de presse ISNA.


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