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Pandémie

Craintes autour de l'instauration d'une quarantaine au Royaume-Uni

Les avions de la Red Arrow survolent le ciel de Londres, le 8 mai 2020, pour célébrer le 75e anniversaire du 8 Mai 1945, date de la victoire en Europe contre le nazisme. Dave Jenkins/UK Ministry of Defence 2020/Handout via REUTERS

Le gouvernement britannique envisage d'introduire une quarantaine obligatoire de quatorze jours pour les voyageurs entrant au Royaume-Uni, a indiqué un organisme représentant des compagnies aériennes, suscitant l'inquiétude du secteur aérien déjà fortement déstabilisé par la pandémie. Tim Alderslade, directeur général de l'association sectorielle Airlines UK, a confirmé à l'AFP que le gouvernement lui avait parlé de cette idée.

Le Premier ministre Boris Johnson pourrait dévoiler cette mesure lors d'un discours dimanche soir dans lequel il doit présenter un éventuel assouplissement du confinement décrété le 23 mars. Un déconfinement qui s'annonce d'ores et déjà très limité, la réouverture des magasins de jardinage figurant parmi les rares mesures attendues. "Nous ne pouvons pas risquer un second pic (de contaminations)", a tweeté le dirigeant conservateur samedi, appelant ses compatriotes à "continuer" leurs efforts.

Le Royaume-Uni est le deuxième pays le plus endeuillé après les Etats-Unis et le ministre des Transports, Grant Shapps, a annoncé samedi 346 décès supplémentaires de personnes testées positives au nouveau coronavirus, portant le total à 31.587 morts. Depuis vendredi, 3.896 personnes de plus ont été testées positives au virus.

En attendant d'en savoir plus sur un éventuel déconfinement, le ministre des Transports a annoncé samedi un plan pour développer les pistes cyclables et encourager la marche afin de limiter la fréquentation des transports en commun quand les Britanniques reprendront le chemin du travail. Des pistes cyclables et des voies réservées aux vélos et aux bus seront créées et des trottoirs élargis dans les prochaines semaines, dans le cadre d'un fonds d'urgence de 250 millions de livres, qui s'inscrit dans un programme d'investissement dans les transports de 5 milliards annoncé en février.

Le gouvernement étudie aussi la possibilité de développer la location des trottinettes électriques pour multiplier les moyens de transports. "Il est de la responsabilité de chacun d'entre nous d'éviter que les gens s'entassent (dans les transports) ce qui pourrait conduire à une seconde vague de cas et davantage de morts", a déclaré Grant Shapps. En outre, "même si les transports en commun reviennent à leur pleine capacité, la règle de deux mètres de distance entre chaque personne signifie que seul un passager sur 10 pourra se déplacer", a-t-il souligné.

Le ministre des Transports n'a pas confirmé la mise en place d'une quarantaine pour les visiteurs entrant dans le pays, un scénario qui inquiète le secteur aérien. Selon ce projet rapporté par The Times, tous les voyageurs entrant dans le pays devront s'isoler pendant deux semaines à l'exception de ceux venant d'Irlande, des îles anglo-normandes ou de l'Ile de Man, et des chauffeurs routiers apportant des produits essentiels. Des vérifications ponctuelles de l'adresse donnée par les voyageurs seront effectuées, avec des sanctions possibles allant de l'amende de 1.000 livres (1.100 euros) à l'expulsion, ajoute le quotidien. La BBC avance que la mesure doit entrer en vigueur fin mai.

Au début de la pandémie, le gouvernement britannique avait demandé aux voyageurs arrivant de zones fortement touchées comme la région de Wuhan en Chine ou le nord de l'Italie de s'isoler à leur arrivée dans le pays. Mais contrairement à d'autres pays, le Royaume-Uni n'a pas fermé ses frontières. La mise en place d'une quarantaine "est une question que nous examinons", avait déclaré le porte-parole de Downing Street vendredi.

Si cette obligation de quarantaine entre en vigueur, un porte-parole d'Airlines UK a demandé que la mesure soit passée en revue régulièrement pour déterminer s'il faut la maintenir. "Cette mesure aura un effet catastrophique sur l'aviation, le tourisme et le secteur de l'hôtellerie car les touristes ne viendront pas au Royaume-Uni tant que c'est en place", s'est inquiété Derek Provan, patron d'AGS Airports, propriétaire et opérateur des aéroports d'Abderdeen, Glasgow et Southampton.


Le gouvernement britannique envisage d'introduire une quarantaine obligatoire de quatorze jours pour les voyageurs entrant au Royaume-Uni, a indiqué un organisme représentant des compagnies aériennes, suscitant l'inquiétude du secteur aérien déjà fortement déstabilisé par la pandémie. Tim Alderslade, directeur...