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Société - Biens-Fonds Maritimes

Les constructions contrevenantes bientôt saisies par l’État ?

« Les biens-fonds maritimes appartiennent à tous et ne peuvent être exploités que s’ils servent l’intérêt public », rappelle un activiste environnemental à « L’OLJ ».

Vue de la Corniche à Beyrouth. Les Libanais n’ont librement accès qu’à une infime partie du littoral libanais. Joseph Eid/AFP

Le dossier des biens-fonds maritimes illégalement exploités a été remis sur le tapis hier, avec la demande du procureur général Ghassan Oueidate d’évacuer et de saisir les propriétés concernées, disséminées tout le long du littoral libanais. Une décision qui va dans le sens de la lutte contre la corruption, mais dont l’application pose de nombreux questionnements, selon des militants environnementaux.

Dans une circulaire publiée hier, le juge Oueidate a demandé au ministère des Transports et des Travaux publics de se saisir des biens-fonds dont les propriétaires n’ont pas présenté une demande à temps pour régulariser leur situation. Il a également ordonné la saisie de propriétés dont la situation ne peut être réglée en raison du fait que les contraventions dont elles font l’objet ont été commises avant 1994.

Le procureur général a également demandé que « les mesures adéquates soient prises pour définir les conditions de la confiscation et de l’exploitation des biens par l’État, dans une étape ultérieure (...) et qu’un plan soit élaboré avec le ministère des Affaires sociales pour les habitations qui sont censées être évacuées ».

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De grandes parcelles de biens-fonds maritimes censées relever du domaine public sont illégalement exploitées depuis des années par des propriétaires privés, notamment à travers des projets d’habitation ou de centres balnéaires. Ces dernières années, c’est surtout le projet controversé de l’Eden Bay, hôtel construit à même le sable à Ramlet el-Baïda, qui a relancé le débat à ce sujet. De nombreux centres balnéaires construits dans les années 80 et 90 sont également concernés.

« Tous sans exception »

Sanctionner ces empiétements illégaux est souvent présenté comme un moyen d’assurer des sources de rentrées considérables pour les caisses de l’État, qui fait face à sa pire crise économique et financière en trente ans. Selon Ali Darwiche, président de l’association écologique Green Line, les amendes dont les contrevenants devront s’acquitter pourraient rapporter deux milliards de dollars à l’État. « J’espère que ce texte sera appliqué à la lettre, notamment concernant les infractions commises par certains responsables politiques qui ont illégalement construit sur les biens-fonds maritimes », indique M. Darwiche à L’Orient-Le Jour. Le militant exprime toutefois la crainte que cette décision ne soit que « de la poudre aux yeux » et qu’elle soit « reléguée aux oubliettes d’ici à quelques jours ».

Contacté par L’OLJ, Abdel Hafiz Kaïssy, directeur général du ministère des Travaux publics, se veut toutefois rassurant. « La loi sera appliquée à tous sans exception », martèle-t-il. M. Kaïssy rappelle par ailleurs que le ministère a déjà répertorié 1 086 infractions tout le long du littoral, du nord au sud. Seulement 387 contrevenants ont approché les autorités pour remédier à leur situation. « Ces personnes devront s’acquitter des amendes prévues par la loi et certains ont demandé à en échelonner les montants », explique le haut fonctionnaire.

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Concernant ceux qui n’ont pas demandé à régulariser leur situation, les biens-fonds « qui ne sont pas en bon état seront détruits », et ceux qui sont encore exploitables devraient être saisis par l’État. « Pour chacune de ces propriétés exploitables, il y aura un cahier des charges et un appel d’offres qui sera lancé, pour que l’État puisse en tirer profit », souligne encore M. Kaïssy qui assure que la saisie de certains biens-fonds commencera très bientôt.

Définir l’intérêt public

Quant aux 387 propriétaires qui se sont acquittés de leurs amendes, ils ne pourront pas nécessairement continuer à occuper les terrains exploités auparavant. « Cette amende a été imposée sur les profits effectués durant les années où ils ont exploité les biens-fonds maritimes. Pour certains, leur situation ne peut pas être régularisée et ils ne seront pas autorisés à continuer à occuper ces biens-fonds », a souligné M. Kaïssy. Le procureur général Ghassan Oueidate pour sa part n’était pas disponible hier pour un entretien.

L’écologiste Ali Darwiche critique quant à lui le fait que l’État compte tirer profit de certains des biens-fonds. Il rappelle que la loi prévoit initialement que les bâtiments contrevenants soient détruits, quelle que soit leur superficie, et que cette démolition se fasse à la charge du propriétaire.

« Les biens-fonds maritimes appartiennent à tous et ne peuvent être exploités que s’ils servent l’intérêt public. Encore faut-il définir l’intérêt public », ajoute M. Darwiche, qui rappelle que le libre accès à l’ensemble du littoral libanais n’est toujours pas possible. « En 2017, les autorités avaient donné un ultimatum et menacé de démolir les exploitations illégales des biens-fonds maritimes. Nous sommes en 2020 et rien de tout cela n’a été fait », a-t-il déploré.

Le dossier des biens-fonds maritimes illégalement exploités a été remis sur le tapis hier, avec la demande du procureur général Ghassan Oueidate d’évacuer et de saisir les propriétés concernées, disséminées tout le long du littoral libanais. Une décision qui va dans le sens de la lutte contre la corruption, mais dont l’application pose de nombreux questionnements, selon des militants environnementaux.Dans une circulaire publiée hier, le juge Oueidate a demandé au ministère des Transports et des Travaux publics de se saisir des biens-fonds dont les propriétaires n’ont pas présenté une demande à temps pour régulariser leur situation. Il a également ordonné la saisie de propriétés dont la situation ne peut être réglée en raison du fait que les contraventions dont elles font l’objet ont été commises...
commentaires (9)

Si le gouvernement était sérieux il commencerait par construire de nouvelles prisons .. yen aura du monde...

Wlek Sanferlou

19 h 34, le 08 mai 2020

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Commentaires (9)

  • Si le gouvernement était sérieux il commencerait par construire de nouvelles prisons .. yen aura du monde...

    Wlek Sanferlou

    19 h 34, le 08 mai 2020

  • NAIF ET IGNORANT JE LE SUIS ! MAIS JE N'ARRIVE PAS A SAVOIR QUI SERONT CEUX DEVRONT REGLER CES PENALITES OU AMENDES , EST LES PROMOTEURS DES COMPLEXES BALNEAIRES OU BIEN EST CE LES PROPRIETAIRES DES CHALETS OU LES DEUX PARTIES ENSEMBLE ?

    Gaby SIOUFI

    17 h 33, le 08 mai 2020

  • bravo mille fois bravo ils vous reste qu à créer une sous commission pour régler ce problème comme dab j ai du mal à croire.

    youssef barada

    13 h 37, le 08 mai 2020

  • À la bonne heure! Le train de la lutte contre la corruption est enfin parti., On n'y croit pas encore tellement l'affaire a traîné et la justice ne sera vraiment crédible que quand elle visera plus haut. Mais c'est un bon début. Y a plus qu'à dérouler... Et y a du taf.

    Marionet

    09 h 55, le 08 mai 2020

  • C’est de la poudre de perlimpinpin destinée à faire les gros titres des médias et de la publicité pour ceux qui entreprennent ces actions. Dans quelques jours, on n’en parlera plus et rien ne sera fait. C’est l’exemple type de ce que savent faire les technocrates

    Lecteur excédé par la censure

    08 h 58, le 08 mai 2020

  • Il faut abolir toutes les lois légalisant ces constructions comme l'Eden Bay ou d'autres .

    Yves Prevost

    08 h 36, le 08 mai 2020

  • ET L,ACCAPAREMENT DU LITTORAL ET DES MONTAGNES DEPUIS LA GUERRE CIVILE ET JUSQU,AUJOURD,HUI ?

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    08 h 22, le 08 mai 2020

  • C'est bien d'arrêter les contrevenants à la Loi et les occupants illégaux de biens publics. Mais il ne suffit pas d'arrêter ou de punir des sous-fifres. C'est le gros poisson que la Justice doit pourchasser et châtier. Ce sont des ministres véreux, des Chefs de partis corrompus, de grands hommes d'affaires qui ont trempé dans des opérations de magouille qui doivent être jetés en prison, et non de petits lampistes servant de bouc-émissaires. Dans ce cas et dans ce cas seulement, on pourra parler d'une lutte sérieuse et efficace contre la corruption. Tout le reste n'est que gesticulations.

    Georges Airut

    02 h 54, le 08 mai 2020

  • Encore de la poudre aux yeux des gens... Le bla-bla habituel comme quoi, on prend le sujet au sérieux, investiguer, poursuivre et sévir... Non, mais on réalise à quoi on s’attaque? Le cœur même du crime organisé au pays qui remonte à plus de 30 ans, et dans lequel sont impliqués des politiciens de tous les bords, des hommes d’affaires véreux, des contrebandiers qui blanchissaient leur argent, des contracteurs qui revendaient des appartements, des chalets à prix d’or, à des naïfs investisseurs tels les expatriés qui pensaient faire une bonne affaire, et le cirque infernal de ces empiètements sur le domaine maritime continuait de plus belle impunément, dont le plus scandaleux du Éden Bay... Réalisez-vous l’énormité de ce qu’on s’imagine démanteler aussi simplement alors que la mafia locale aux tentacules multiples est toujours en place et a même repris du poil de la bête?... Peut-on parier que dans quelques semaines, encore une fois, le problème sera relégué aux calandes grecques ? Chiche!

    Saliba Nouhad

    00 h 47, le 08 mai 2020

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