Le nouveau coronavirus, qui a paralysé le football mondial, devrait indirectement provoquer une petite révolution dans le monde du ballon rond : le passage de 3 à 5 remplacements par match, pour ménager les joueurs à la reprise, avec un 6e changement possible en prolongation. Cette mesure proposée par la FIFA (la Fédération internationale), qui nécessite un amendement à la Loi 3 du jeu, devrait être officialisée aujourd’hui par l’International Board (IFAB) – garant des lois du jeu. « Après une période durant laquelle la FIFA et l’IFAB ont étudié comment venir en aide au football quand il reprendra, l’IFAB travaille avec la FIFA sur une proposition d’amendement temporaire de la Loi 3 », a expliqué le Board.
La mesure pourra s’appliquer dès lors que les compétitions reprendront, à condition d’être adoptée par chaque championnat. Il s’agira « d’une option et pas d’une mesure obligatoire », précise une source proche des instances du foot. Ainsi, la Ligue allemande (DFL) devra-t-elle formellement l’adopter avant que la Bundesliga ne reprenne vendredi prochain. Aucune précision n’a été donnée sur la durée de son application. Son objectif, « protéger la santé des joueurs » dans un contexte de « fréquence de matches plus élevée que la moyenne », qui pourrait « accroître le risque de blessures ». La mesure, qui pourrait s’appliquer tout au long de la saison 2020-2021, restera « à la discrétion de chaque organisateur de compétition », a précisé la FIFA. « En tant qu’organisateur, si la mesure est toujours en vigueur, l’UEFA pourrait dès lors l’adopter pour l’Euro », reporté de 2020 à 2021 (du 11 juin au 11 juillet), explique une source proche du dossier. Et si la mesure devenait définitive ? « Une période d’essai serait une bonne idée », fait valoir Rudi Garcia, l’entraîneur de Lyon.
Cela peut sembler invraisemblable aujourd’hui, mais il fut un temps où n’existaient dans le football ni remplacements ni cartons jaunes ou rouges : il a fallu en effet attendre 1958 pour que l’IFAB autorise le premier remplacement, un nombre passé progressivement à 3 par rencontre, avec un 4e changement possible en prolongation (en vigueur depuis le Mondial 2018 en Russie). Ainsi, en constante évolution, les règles du football ont été énormément modifiées ces 60 dernières années.
- 1958 : un premier remplacement est autorisé, même si, initialement, le gardien ainsi qu’un joueur de champ ne pouvaient être remplacés qu’en cas de blessure. Il faut attendre le Mondial 1970 au Mexique pour voir deux remplacements autorisés.
- 1967 : le premier remplacement tactique d’un joueur à la convenance de l’entraîneur est autorisé, non plus seulement en cas de blessure.
- 1970 : la Coupe du monde au Mexique voit l’introduction du carton jaune pour un premier avertissement et du carton rouge, synonyme d’exclusion d’un joueur.
- 1974 : les tirs au but en phase finale du Mondial sont introduits pour départager deux équipes à égalité à l’issue de la prolongation. Mais leur première utilisation en Coupe du monde remonte au Mondial 1982 en Espagne. Le premier tournoi international à se conclure aux tirs au but est l’Euro 1976.
- 1992 : un 3e remplacement est autorisé, mais uniquement pour blessure du gardien. Dans la continuité de la démarche consistant à avantager le jeu offensif, le Board interdit aux gardiens de saisir à la main les passes en retrait volontaires. Adoptée cette même année, la règle du but en or servait à départager les équipes en prolongation, sur le mode de la mort subite. Le but en or a été supprimé en 2004.
- 1995 : le 3e remplacement est autorisé sans restriction.
- 2012 : autorisation de la Goal-line Technology pour déterminer, à l’aide de capteurs et de caméras, si un ballon a franchi entièrement la ligne de but ou non.
- 2016 : la première utilisation de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) intervient lors d’une demi-finale de la Coupe du monde des clubs. Autorisée par le Board en mars 2018, la VAR est utilisée lors du Mondial en Russie, puis généralisée dans les grands championnats.
Source : AFP

