Irrfan Khan. Photo AFP
Irrfan Khan est une âme noble qui irradiait indubitablement une chaleureuse lumière. Son allure gracieuse, son regard profond et tourmenté, sa gestuelle rare mais si éloquente, ses silences si bavards faisaient de lui un acteur indéfinissable et non catégorisable. Il avait sa propre méthode pour interpréter les rôles. Il s’était d’ailleurs battu pour cela. Atteint d’un cancer rare diagnostiqué en 2018, l’acteur indien est mort discrètement, a annoncé son agent mercredi. Né en 1967 dans l’État du Rajasthan, en Inde, au sein d’une famille de riches propriétaires terriens et chasseurs, il avait emprunté les chemins de traverse : ce sera le cinéma et il sera végétarien. S’il commence sa carrière dans les années 1980, il enchaînera les petits rôles jusqu’à Billu, de Priyadarshan, en 2009. Bollywood l’adoube et, en 2011, il interprète 7 Khoon Maf de Vishal Bhardwaj.

Irrfan Khan lors de la 81e cérémonie des Academy Awards à Hollywood, en Californie. AFP/Jewel Samad
Ces films grand public à succès mais aussi ces rôles qu’il incarne avec un rare perfectionnisme lui ouvrent cette fois les portes de Hollywood. En 2008, grâce à Danny Boyle et son Slumdog Millionaire (auréolé de huit Oscars) dans lequel il campait un inspecteur de police, Irrfan Khan devient mondialement connu. Il jouera autant de blockbusters –The Amazing Spider-Man de Marc Webb (2012) et Jurassic World de Colin Trevorrow (2015), ou encore Inferno de Ron Howard (2016) – que d’œuvres symboliques et originales comme L’Odyssée de Pi (2012), du Taïwanais Ang Lee, lequel obtient l’Oscar du meilleur réalisateur cette année-là. Irrfan Khan ne quitte pas Bollywood pour autant, à qui il devra ce merveilleux The Lunchbox en 2013, la comédie romantique de Ritesh Batra, où un homme et une femme dialoguent à distance par l’entremise d’une gamelle de déjeuner. Sa consécration vient de cette coproduction franco-germano-indienne, présentée au Festival international du film de Toronto, à Sundance et au Festival de Cannes (Semaine de la Critique). « Irrfan était une âme forte, quelqu’un qui a combattu jusqu’à la fin et a toujours inspiré tous ceux qui se sont approchés de lui », a déclaré son agent dans un communiqué. Atteint d’une maladie en 2018, il l’a vécue en silence entouré des siens, qu’il faisait passer avant tout, même avant sa carrière.


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