Le logo des Kataëb. Via l'Ani
Les Kataëb ont estimé mercredi que la reprise du mouvement de contestation, ces derniers jours, malgré la pandémie de coronavirus et les mesures de prévention imposées par le gouvernement, prouve que, pour les Libanais, "la coupe est pleine", accusant la Banque du Liban (BDL) d'avoir "couvert l'échec" des responsables politiques de ces dernières années.
"Les Kataëb pensent que les Libanais ne se tairont plus face à l'effondrement" de l'économie du pays, a souligné le parti dans un communiqué publié à l'issue de la réunion hebdomadaire de son bureau politique. "Le fait qu'ils soient descendus dans les rues malgré les risques que posent la pandémie de coronavirus est la preuve que pour eux la coupe est pleine", ajoute le texte. Le parti dirigé par Samy Gemayel s'est étonné "de l'absence du capitaine du bateau" à la tête du pays, "qui laisse ses agents surfer sur toutes les vagues qui servent leurs intérêts politiques, financiers et confessionnels tandis que le navire sombre et que les gens ne peuvent plus subvenir à leurs besoins quotidiens".
Le parti a encore critiqué les autorités politiques "qui ont gaspillé l'argent public dans des contrats douteux, sans avoir à rendre des comptes". "La BDL a contribué à couvrir leur échec en leur servant les fonds des déposants", ajoutent les Kataëb, qui accusent également le Hezbollah d'avoir "ébranlé la stabilité du pays". Et le parti chrétien de réitérer son appel à des élections législatives anticipées, lancé depuis le mouvement de contestation du 17 octobre.
Après avoir été mis veille lors de la crise du coronavirus, le mouvement de contestation enclenché au Liban le 17 octobre 2019 connaît un second souffle, alors que les conditions de vie dans le pays – qui traverse une crise économique et sociale d'une ampleur sans précédent depuis trente ans –, ont empiré, avec une chute libre de la valeur de la monnaie locale et un pouvoir d'achat qui ne cesse de faiblir. Ces derniers jours, les manifestations pacifiques ont dégénéré en affrontements avec les forces armées et en scènes de vandalisme, notamment à Tripoli au Nord, et à Saïda, au Sud.


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