Des membres de l'armée se déployant à Hamra, à Beyrouth, le 28 avril 2020. AFP / ANWAR AMRO
L'armée libanaise a annoncé mercredi que 81 militaires ont été blessés lors des incidents qui ont opposé la troupes à des contestataires dans plusieurs régions du pays mardi. Vingt personnes ont été appréhendées lors de ces affrontements, a en outre souligné l'armée.
A Tripoli, 50 soldats ont été blessés, dont 6 officiers, lors des affrontements qui ont eu lieu sur la seule place el-Nour. L'armée y a arrêté 19 personnes, accusées selon elle d'avoir lancé des pierres et des pétards en direction des forces armées, de s'être livrées à des actes de vandalisme ou encore d'avoir incendié des établissements bancaires ou des distributeurs automatiques de billets. Une personne qui avait tiré en direction des protestataires, faisant un blessé parmi eux, a en outre été arrêtée, rapporte l'armée. Sur la place Bahsas, toujours à Tripoli, deux soldats ont été blessés par des jets de pierre et un véhicule militaire a été endommagé.
A Beyrouth, dans le quartier de Hamra, l'armée affirme avoir été la cible de jets de pierre, de bouteilles en verre et de morceaux de métal, alors que des soldats tentaient de rouvrir la route bloquée par les manifestants. Quatre militaires ont été blessés, selon elle. Quatre autres soldats ont aussi été blessés, dont un officier, alors qu'ils cherchaient à rouvrir une route à Saïda, dans le sud du pays, et trois véhicules militaires ont subi des dommages lors de cette intervention. Sur l'autoroute côtière, au niveau de Naamé, au sud de Beyrouth, l'armée, déployée en plusieurs points, souligne avoir été visée par des jets de pierres, blessant 21 soldats.
L'armée libanaise, qui rappelle l'importance de préserver le caractère pacifique des manifestations, n'apporte aucune précision quant à la gravité des blessures subies par ses membres.
La révolte populaire au Liban, déclenchée le 17 octobre 2019, connaît un second souffle, après avoir été mise en veille dans le cadre du la lutte contre le coronavirus, qui imposait de minimiser les sorties de son domicile. Dans un contexte de crise économique qui s'aggrave, et de chute du pouvoir d'achat de la population, à cause notamment de la dépréciation galopante de la valeur de la livre libanaise, de nombreux Libanais redescendent dans les rues pour protester contre des conditions de vie insoutenables. Mais les manifestations pacifiques dégénèrent en violents affrontements depuis trois jours.


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