Le Premier ministre libanais, Hassane Diab (d), s'entretenant avec le président de l'Association des banques du Liban (ABL), Salim Sfeir, le 29 avril 2020 au Grand sérail. Photo fournie par le bureau de presse du Premier ministre
Le Premier ministre libanais, Hassane Diab, a reçu mercredi au Grand Sérail une délégation de représentants de l'Association des banques du Liban, menée par son président, Salim Sfeir, qui a demandé au chef du gouvernement d'agir "le plus rapidement possible" pour mettre un terme aux attaques "injustifiées et inacceptables" contre les établissements bancaires depuis plusieurs jours, notamment à Tripoli, au Liban-Nord, lors de manifestations anti-pouvoir qui ont dégénéré.
Selon un communiqué du bureau de presse du Premier ministre, "la situation financière et monétaire générale a été abordée, ainsi que celle du secteur bancaire". Hassane Diab a également informé l'ABL que le plan de sauvetage de l'économie libanaise, qui connaît sa pire crise depuis ces 30 dernières années, sera présenté à l'Association dès son approbation par l'exécutif cette semaine. De son côté, l'ABL a annoncé qu'elle présenterait au gouvernement ses propres solutions à la crise économique et financière d'ici 15 jours.
Enfin, l'ABL a exprimé "sa ferme condamnation des agressions répétées contre les propriétés privées et publiques, notamment les sièges et branches des banques", affirmant qu'il s'agit "de comportements inacceptables et injustifiés à tous les niveaux", demandant au Premier ministre qu'il "s'active le plus vite possible pour y mettre un terme".
Depuis trois jours, la révolte populaire déclenchée le 17 octobre 2019 regagne en intensité à travers le Liban, notamment à Tripoli, au Liban-nord. Toutefois, les manifestations pacifiques dégénèrent en affrontements avec les forces armées et en actes de vandalisme, notamment contre les banques. Plusieurs d'entre elles ont été brûlées et saccagées.
La crise économique a été le principal catalyseur en octobre 2019 d'un soulèvement inédit contre une classe politique inchangée depuis des décennies. Elle s'est amplifiée avec les restrictions imposées par les banques qui refusaient tout virement à l'étranger et les retraits en dollars. Les établissements bancaires sont accusés par la rue de complicité avec le pouvoir et d'avoir contribué à l'endettement public effréné et à la faillite de l’État. Tout cela a été aggravé par les mesures préventives contre la propagation du virus, qui ont paralysé un pays où sont officiellement recensés plus de 700 cas, dont 24 décès.


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