Un homme tient une liasse de livres libanaises près de billets de dollars, le 24 avril 2020 dans un bureau de change à Beyrouth. Photo REUTERS/Mohamed Azakir
Le syndicat des agents de change du Liban a dénoncé mercredi les tentatives de faire des changeurs les "boucs-émissaires" de la crise économique et financière actuelle, soulignant que si ses membres sont en faveur des mesures édictées par la Banque du Liban (BDL) pour fixer les taux, ces derniers sont "définis par l'offre et la demande".
"Nous sommes toujours en faveur des décrets de la BDL, mais il faut toutefois comprendre que c'est l'offre et la demande qui fixent le taux de change et pas un morceau de papier", a affirmé un responsable syndical lors d'une conférence de presse. Il a dénoncé l'arrestation, ces derniers jours, de certains agents qui ne respectaient pas les taux de change imposés par la BDL, appelant les forces de l'ordre à concentrer leurs efforts sur "ceux qui enfreignent la loi, les changeurs illégaux". Et le syndicaliste de réclamer que les agents de change soient traités "de manière légalement correcte", sans être transformés en "boucs-émissaires" de la crise actuelle.
Le taux change livre/dollar chez les changeurs du marché noir semblait s'être stabilisé mardi entre 3.900 et 4.200 livres pour un dollar après des semaines de dévaluation continue. Cette nouvelle tendance se manifeste au lendemain de la publication d’une circulaire de la Banque du Liban (intermédiaire n° 553 du 27 avril) qui plafonne à 3.200 livres le taux maximum auquel les changeurs agréés du pays doivent vendre des dollars à leur client. Un texte qui tente de freiner la dépréciation de la monnaie nationale sur le marché secondaire, par rapport à la parité officielle de 1.507,5 livres pour un dollar – toujours en vigueur pour les transactions bancaires.

