Merck a assuré que sa chaîne de production avait de quoi tenir pendant un an. Photo d’archives AFP
Les laboratoires pharmaceutiques américains Pfizer et Merck ont affirmé hier que leurs usines fonctionnaient normalement, écartant toute pénurie de leurs médicaments malgré les perturbations causées dans les chaînes d’approvisionnement par la pandémie de coronavirus. La crise sanitaire n’épargne toutefois pas l’industrie pharmaceutique, qui redoute une baisse des prescriptions de médicaments due aux mesures de confinement et de distanciation ayant réduit les visites chez les médecins et reporté des opérations chirurgicales.
« À ce jour, Pfizer n’a pas encore observé de perturbation significative dans sa chaîne d’approvisionnement et sur tous ses sites de production (de médicaments) à travers le monde. Ceux-ci continuent de fonctionner quasiment à leurs rythmes et aux niveaux habituels », assure le numéro un américain de la pharmacie dans le cadre de la publication de ses résultats du premier trimestre. Pfizer assure être parvenu à juguler tout problème lié à la distribution de ses médicaments survenu depuis l’émergence en décembre en Chine du Covid-19, maladie causée par le nouveau coronavirus. Face aux difficultés des compagnies aériennes et de sociétés de logistique, obligées d’annuler des milliers de vols par exemple, le fabricant du Viagra affirme avoir mis en place de nouveaux moyens de transport pour acheminer ses traitements. Merck s’est aussi voulu rassurant, garantissant aux malades qu’il n’y aurait pas d’interruption dans leur traitement. L’entreprise « dispose de niveaux de stocks normaux pour la plupart de ses produits », a déclaré le groupe américain, soulignant que ses sites de production et laboratoires étaient « pleinement opérationnels ».
Baisse des prescriptions
Le laboratoire a promis que sa chaîne de production avait de quoi tenir pendant un an, ce qui lui fait dire qu’il pourra alimenter les distributeurs de médicaments « pendant toute la durée de la pandémie ». Les clients européens de Merck ont en outre constitué des stocks avant l’explosion des cas de Covid-19 sur le Vieux Continent, indique par ailleurs le groupe américain. La crise sanitaire va néanmoins causer un manque à gagner d’environ 2,1 milliards de dollars en 2020 dans les comptes annuels de Merck, qui a par conséquent abaissé ses objectifs financiers. Le chiffre d’affaires annuel est attendu désormais entre 46,1 et 48,1 milliards de dollars, contre 48,8 milliards de dollars auparavant. « L’entreprise prévoit désormais une baisse de la demande pour ses médicaments prescrits par les médecins tant que resteront en place les mesures destinées (à limiter la propagation) de la pandémie », a justifié Merck, dont deux tiers des revenus sont générés par les médicaments prescrits.
Au premier trimestre, son chiffre d’affaires a été de 12,05 milliards de dollars, en hausse de 11,5 % sur un an, pour un bénéfice net de 3,2 milliards, dont 1,50 dollar par action hors éléments exceptionnels. Pfizer a, de son côté, enregistré un bénéfice net de 3,4 milliards de dollars, soit 0,80 dollar par action ajustée, pour des ventes de 12,02 milliards de dollars, en baisse de 8,3 %. Contrairement à son concurrent, le laboratoire s’est voulu confiant pour l’année, en réaffirmant ses objectifs financiers qui sont de 48,5 et 50,5 milliards de dollars pour les ventes et de 2,82 à 2,92 dollars en ce qui concerne le bénéfice par action.
Merck et Pfizer continuent par ailleurs à travailler, comme de nombreux laboratoires et écoles de médecine à travers le monde, à la mise au point d’un vaccin contre le Covid-19. En Allemagne, l’autorité fédérale chargée de la certification des vaccins vient de donner son feu vert à des essais cliniques sur des humains menés par le laboratoire allemand BioNTech en lien avec Pfizer. Ces essais, les cinquièmes réalisés sur l’homme dans le monde, constituent une « étape importante » pour rendre un vaccin « disponible dès que possible », selon les autorités allemandes.
Source : AFP

