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Dernières Infos - Liban

Plusieurs banques de Tripoli visées par des jets de cocktails Molotov et des actes de vandalisme

La façade vandalisée d'une banque de Tripoli, le 26 avril 2020. Photo Ani

Plusieurs branches de banques libanaises à Tripoli et Mina (Nord) ont été la cible de jets de cocktails Molotov par des inconnus, malgré le couvre-feu déclaré dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Ces attaques, qui n'ont provoqué que des dégâts matériels selon l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle), font suite à des incidents similaires à Tyr et à Saïda au Liban-Sud, au cours du week-end écoulé, alors que le Liban affronte sa pire crise économique et financière depuis 30 ans.

Pendant la nuit, un groupe de personnes s'en est pris à la façade de la banque Byblos à Mina, avant de prendre la fuite. Dans le centre-ville de Tripoli, ce sont les branches de la BLOM Bank et de la BBAC qui ont été la cible de cocktails Molotov lancés par des hommes portant des masques sanitaires. 

Les Forces de sécurité intérieure se sont déployées sur les lieux, tandis que des agents de la Défense civile ont éteint un début d'incendie qui s'était déclaré devant la BBAC.  

Dans un communiqué publié en fin de matinée, la Fédération des syndicats des employés de banque du Liban a dénoncé ces attaques. "Les banques restent visées par des atteintes de la part de vandales qui veulent exploiter la crise financière et économique pour enfreindre la stabilité sécuritaire et le prestige de l’État", a écrit l'union syndicale, qui a réclamé que les coupables soient poursuivis en justice.

Depuis l'automne, les établissements bancaires ont restreint les retraits en dollars avant de les arrêter complètement en mars et de rendre quasiment impossibles les virements à l'étranger, suscitant la colère de la population. Le pays surendetté - en défaut de paiement depuis mars - a connu en octobre dernier un mouvement de contestation inédit contre la classe politique, jugée coupable de corruption et d'incompétence. La rue accuse le secteur bancaire de complicité avec le pouvoir politique et d'avoir contribué à l'endettement effréné de l’État. Dans un communiqué circulant sur les réseaux sociaux, un groupe inconnu se faisant appeler le "Tribunal de la révolution armée" avait revendiqué les attaques contre les établissements bancaires à Tyr et Saïda. Plusieurs groupes du soulèvement du 17 octobre, dont celui des « Jeunes de la banque » qui manifeste régulièrement devant la banque centrale, avaient de leur côté affirmé dans des communiqués publiés hier que ce groupuscule inconnu n’était en aucun cas lié au mouvement de contestation.

La colère contre les banques est également attisée par la dégringolade continue de la livre libanaise face au dollar sur le marché parallèle, ce qui entraîne une forte inflation. La monnaie locale se négocie désormais autour de 3.800 livres pour un dollar dans les bureaux de change, contre 1.507 livres pour un dollar, selon le taux officiel.

La situation économique du Liban est en outre aggravée depuis mi-mars par les mesures draconiennes de confinement mises en place pour lutter contre la pandémie de Covid-19.


Plusieurs branches de banques libanaises à Tripoli et Mina (Nord) ont été la cible de jets de cocktails Molotov par des inconnus, malgré le couvre-feu déclaré dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Ces attaques, qui n'ont provoqué que des dégâts matériels selon l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle), font suite à des incidents similaires à Tyr et à Saïda au Liban-Sud, au cours du week-end écoulé, alors que le Liban affronte sa pire crise économique et financière depuis 30 ans.Pendant la nuit, un groupe de personnes s'en est pris à la façade de la banque Byblos à Mina, avant de prendre la fuite. Dans le centre-ville de Tripoli, ce sont les branches de la BLOM Bank et de la BBAC qui ont été la cible de cocktails Molotov lancés par des hommes portant des masques sanitaires. Les Forces de...