Rassemblement de proches de détenus islamistes à Tripoli, le 23 avril 2020. Photo Ani
Des proches de détenus islamistes se sont à nouveau rassemblés jeudi sur l'autoroute reliant Tripoli à la région du Akkar, au Liban-Nord, dans le quartier de Bab el-Tebbané, où ils ont coupé la route pour réclamer une amnistie générale, que le Parlement, réuni en séance plénière mardi et mercredi, n'a pas adopté.
Mardi, lors de la séance législative qui se déroulait exceptionnellement au palais de l'Unesco, le texte controversé sur l’amnistie générale a perdu son caractère de double urgence et a été renvoyé en commission pour un examen plus approfondi.
Dans la journée, le président de la Chambre, Nabih Berry, a convoqué une réunion des commissions mixtes pour le 29 avril prochain afin d'examiner ce texte réclamé par des détenus et leurs proches, ainsi que par plusieurs responsables politiques et religieux.
Pour ses défenseurs, une amnistie générale permettrait de décongestionner les prisons surpeuplées du pays, tandis que ses détracteurs y voient une mesure populiste visant à redorer le blason des partis qui l'appuient. Elle concernerait quelque 1.200 "détenus islamistes", venant essentiellement de la ville sunnite de Tripoli dominée par le Courant du Futur, ainsi que des milliers d'autres issus des régions de Baalbeck et Hermel, où le Hezbollah et mouvement Amal jouissent d'une grande influence.

