La chancelière allemande, Angela Merkel. Photo AFP / Tobias SCHWARZ
L'Allemagne est prête, "dans un esprit de solidarité", à des "contributions beaucoup plus importantes" au budget de l'Union européenne face à l'épidémie de nouveau coronavirus, a promis jeudi Angela Merkel avant un sommet avec ses partenaires.
"Un plan européen de relance économique pourrait soutenir la reprise au cours des deux prochaines années et nous y travaillerons", a ajouté devant les députés allemands la chancelière, qui doit dans l'après-midi participer à une réunion des 27 dirigeants des pays de l'Union européenne pour trouver des solutions à la crise économique due à la pandémie. Cette contribution "plus importante" serait toutefois, a ajouté Mme Merkel, apportée sur "une période limitée".
La chancelière avait expliqué en début de semaine que le budget de l'UE pourrait être augmenté dans les années suivant immédiatement la pandémie afin de répondre à ses conséquences économiques et sociales. Si l'UE constitue pour Mme Merkel une "communauté de destin", la mutualisation des dettes nationales, réclamée par plusieurs pays du sud de l'Europe, reste en l'état exclue à ses yeux car nécessitant un changement des traités européens qui prendrait des années. "Nous voulons que tous les États de l'UE se redressent économiquement", a-t-elle assuré. "Un tel programme doit cependant être pensé dans le cadre du budget européen, car le budget européen commun est l'instrument qui a fait ses preuves depuis des décennies pour les tâches communes dans l'UE", a-t-elle fait valoir.
Les dirigeants européens semblent plus divisés que jamais au moment de débattre jeudi des solutions pour sortir l'UE de la récession due à la pandémie de coronavirus, ce qui devrait les contraindre à reporter toute décision d'envergure. Les 27 ne parviennent pas, pour le moment, à s'entendre sur la façon de relancer le moteur économique et un détail en dit long sur leurs divergences: contrairement à l'habitude, ils ne devraient adopter aucune déclaration commune à l'issue de leur sommet en visioconférence, qui débutera à 13H00 GMT. La chancelière, à qui il avait été reproché en 2017 de ne pas saisir les propositions de réforme de l'UE formulées par Emmanuel Macron, s'est cette fois montrée plus volontariste. Elle compte ainsi "exhorter le Conseil européen à traiter des questions fondamentales : dans quels domaines devons-nous coopérer encore plus étroitement au niveau européen ? L'UE a-t-elle besoin de compétences supplémentaires ? De quelles compétences stratégiques avons-nous besoin pour l'avenir en Europe ?", a-t-elle détaillé.
"La solidarité européenne est également nécessaire en matière de politique migratoire, d'État de droit, de politique européenne de sécurité et de défense ou de protection du climat", a ajouté Mme Merkel.
"L'Europe n'est pas l'Europe si elle ne se défend pas mutuellement en cas de besoin", a-t-elle estimé.


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