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Moyen-Orient - Coronavirus

L’Europe entame un déconfinement à hauts risques

Face aux critiques, l’OMS dit avoir alerté sur le Covid-19 « dès le premier jour ».

Des Allemands font la queue devant un magasin de glace à Ludwigsbourg, alors que le déconfinement a été entamé en Allemagne. Thomas Kienzle/AFP

Jugeant la pandémie de coronavirus « sous contrôle », l’Allemagne a débuté hier son déconfinement, une lente et délicate opération dans une Europe cloîtrée depuis des semaines, encore meurtrie par la maladie mais impatiente de relancer son économie.

Avec 135 000 cas recensés et environ 4 000 décès, la pandémie est en Allemagne « sous contrôle et gérable », ont jugé les autorités, qui ont autorisé la réouverture hier matin des magasins d’une surface inférieure à 800 m2. Commerces d’alimentation, librairies, garages, magasins de vêtements et autres fleuristes peuvent de nouveau accueillir des clients. Fédéralisme oblige, la mesure sera appliquée de façon sensiblement différente dans les seize États-régions du pays, et de nombreux commerces resteront encore porte close dans la capitale Berlin.

Lieux culturels, bars, restaurants, terrains de sport demeurent néanmoins fermés. Les grands rassemblements, tels que les concerts ou compétitions sportives, sont toujours interdits, au moins jusqu’à fin août. Écoles et lycées rouvriront progressivement à partir du 4 mai. Les rassemblements de plus de deux personnes restent proscrits, une distance minimale de 1,5 mètre est censée être observée dans les lieux publics, et le port du masque « fortement recommandé ». La situation reste « fragile », a prévenu la chancelière Angela Merkel. « Nous sommes au début de la pandémie et nous sommes encore loin d’être sortis de l’auberge », a-t-elle déclaré, jugeant qu’il serait « extrêmement dommage de connaître une rechute ».Cette stratégie de sortie de crise, mise en œuvre par l’Allemagne, locomotive économique du Vieux Continent, est scrutée par une Europe qui vit sous cloche depuis près d’un mois, et dont certains pays s’apprêtent à entamer le défi du confinement à mesure que la maladie y apparaît contenue.

L’Autriche avait permis mardi dernier la réouverture prudente de ses petits commerces et jardins publics. La Norvège a commencé hier à rouvrir ses « barnehager », des établissements qui englobent crèches et école maternelle, premier pas d’une levée lente et progressive des restrictions décrétées mi-mars.

La France, l’Espagne et l’Italie, qui enregistrent des nombres de malades et de décès en baisse, après des semaines de hausse, se préparent elles aussi à de premières mesures de déconfinement dans les jours ou les semaines à venir. La France a fait lundi un premier pas en autorisant à nouveau, sous conditions, les visites aux pensionnaires des maisons de retraite. L’exécutif français, critiqué pour avoir tardé à généraliser les tests et le port du masque, travaille à un très progressif déconfinement à partir du 11 mai.

Au Danemark, les petits commerces ont reçu hier la permission de rouvrir leurs portes, à condition d’appliquer de strictes mesures d’hygiène et de séparation. Les crèches danoises avaient rouvert le 15 avril. En Italie, les premières mesures d’allègement ne seront pas prises avant le 3 mai. Mais peu à peu les entreprises rouvrent, même si c’est de façon partielle et avec beaucoup de précautions.

En revanche, au Royaume-Uni, le confinement instauré le 23 mars a été prolongé d’au moins trois semaines jeudi et le gouvernement n’envisage pas encore d’en sortir.

Le défi est énorme : relancer progressivement l’activité, contenir les impatiences des populations enfermées, voire les risques d’explosion sociale, tout en prévenant une possible résurgence du virus et en préservant des systèmes sanitaires saturés.

À ce jour, le continent européen a payé le plus lourd tribut, comptant près des deux tiers des 165 216 morts recensés dans le monde hier. L’Italie a été le pays le plus touché (23 660 décès), suivi de l’Espagne (20 852), la France (20 265) et du Royaume-Uni (16 060), selon un dernier bilan de l’épidémie établi à partir de sources officielles. En Italie, le nombre de malades a toutefois baissé hier pour la première fois, ce que le chef de la protection civile Angelo Borelli a qualifié de « donnée positive ». Et au Royaume-Uni, 449 morts ont été enregistrés lundi, soit le plus faible bilan quotidien depuis le 6 avril. En Espagne, 399 morts ont été enregistrés ces dernières 24 heures, contre 410 la veille, chiffres les plus bas depuis quatre semaines.

Au Japon, qui comptabilise désormais le nombre de cas le plus élevé en Asie après la Chine et l’Inde, le nombre de cas enregistrés a dépassé les 10 000 ce week-end, malgré l’instauration de l’état d’urgence.

« La lutte continue ! »

Aux États-Unis, où un bras de fer oppose le président Donald Trump, partisan d’une reprise rapide de l’activité économique, à plusieurs gouverneurs démocrates, le gouverneur de l’État de New York, épicentre de l’épidémie dans le pays, a annoncé que la pandémie avait pour la première fois amorcé une courbe « descendante ». La barre des 40 000 morts a cependant été franchie dimanche dans tout le pays, selon le comptage de l’université américaine Johns Hopkins.

En Afrique, où le seuil des 1 000 morts a été dépassé ce week-end, de violents heurts ont eu lieu dimanche soir dans plusieurs quartiers de la capitale du Niger, Niamey, entre forces de l’ordre et habitants opposés au couvre-feu et à l’interdiction des prières collectives.

Enfin, les autorités sanitaires mondiales, accusées par les États-Unis d’avoir tardé à sonner le tocsin face au nouveau coronavirus afin de ne pas froisser Pékin, a assuré lundi avoir alerté « dès le premier jour ». « Nous avons lancé l’alerte dès le premier jour », s’est défendu le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, assurant qu’« il n’y a pas de secret » au sein de l’agence onusienne.

Source : AFP

Jugeant la pandémie de coronavirus « sous contrôle », l’Allemagne a débuté hier son déconfinement, une lente et délicate opération dans une Europe cloîtrée depuis des semaines, encore meurtrie par la maladie mais impatiente de relancer son économie.Avec 135 000 cas recensés et environ 4 000 décès, la pandémie est en Allemagne « sous contrôle et gérable », ont jugé les autorités, qui ont autorisé la réouverture hier matin des magasins d’une surface inférieure à 800 m2. Commerces d’alimentation, librairies, garages, magasins de vêtements et autres fleuristes peuvent de nouveau accueillir des clients. Fédéralisme oblige, la mesure sera appliquée de façon sensiblement différente dans les seize États-régions du pays, et de nombreux commerces resteront encore porte close...
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