Le chef des Kataëb, Samy Gemayel. Photo d'archives L'Orient-Le Jour
Le chef des Kataëb, Samy Gemayel, a accusé samedi l'Etat libanais d'avoir dépensé les dépôts bancaires des Libanais afin de financer ses "budgets fictifs" adoptés entre 2017 et 2020, alors que la question d'un éventuel haircut (ponction sur les dépôts) est actuellement débattue dans le cadre du plan de relance économique du pays.
"Les fonds des déposants ont été dépensés pour payer les erreurs et les chiffres fictifs" des budgets de l'Etat adoptés entre 2017 et 2020, a déclaré M. Gemayel lors d'une conférence de presse. "Les Libanais ne peuvent plus retirer leur argent parce que l'Etat l'a dépensé pour financer des projets fictifs", a-t-il insisté. Il a dans ce cadre accusé les formations politiques ayant pris part au "compromis" (ayant permis à Michel Aoun d'accéder à la présidence) d'être "les premiers responsables" de cette situation. "Le second responsable est le Hezbollah, a-t-il poursuivi. Les fonds ont cessé d'être transférés au Liban à partir de l'étranger parce que le Hezbollah a mis la main sur l'Etat et que plus personne n'a osé placé son argent au Liban", a-t-il estimé.
Samy Gemayel a encore pointé du doigt la Banque du Liban, "troisième responsable" de la crise économique et financière, qui "savait que l'Etat dépensait l'argent des déposants alors qu'il était en faillite". Le leader maronite a par ailleurs estimé que dans le secteur bancaire "certains établissements étaient de mèche avec la BDL, d'autres pas". Concernant le haircut, le chef des Kataëb a affirmé que "tous ceux qui auraient dû être soumis" à une ponction sur leurs dépôts ont fait sortir leurs fonds du Liban.
Face à cette crise, M. Gemayel a appelé le gouvernement à "prendre toutes les mesures pour remettre le train de l'Etat sur les rails", en mettant notamment un terme à toutes les dépenses superflues, notamment au niveau des embauches illégales dans le secteur public, du secteur de l'électricité et en récupérant les "fonds pillés". Il a encore exhorté le parti chiite à "mettre un terme à sa tutelle sur l'Etat". "La décision doit revenir au peuple libanais", a-t-il déclaré, réitérant son appel à l'organisation d'élections législatives anticipées.
Le Premier ministre libanais, Hassane Diab, a tenté jeudi soir de rassurer les Libanais après les appréhensions provoquées par la fuite la semaine dernière d’une ébauche du plan de réforme que prépare le gouvernement face à la plus grave crise économique que traverse le Liban depuis 30 ans, affirmant dans un discours télévisé que 98 % des déposants échapperont à une ponction des dépôts.


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