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Dernières Infos - Liban

Bisri : la Banque mondiale envisage un arrêt du financement, affirment des militants

Des manifestants portant une banderole sur laquelle on peut lire « Sauvez la vallée de Bisri ». Photo d'archives ANI

La Banque mondiale envisage de mettre un terme au financement du projet de barrage dans la plaine de Bisri, a annoncé mercredi la Campagne de protection de cette plaine, alors que le gouvernement libanais avait réaffirmé au début du mois sa volonté de mener à bien la construction de ce barrage hydraulique controversé. 

"Une grande avancée a été réalisée pour mettre un terme au contrat douteux du barrage de Bisri", a annoncé la campagne dans un communiqué. "Après des pressions pendant plus de quatre ans, qui se sont renforcées avec la révolution du 17 octobre, nous avons commencé à percevoir un changement évident de la position de la Banque mondiale, qui envisage d'arrêter le versement des fonds consacrés à la construction du barrage", ajoute le texte. 

La dernière initiative en date de la campagne a été d'envoyer une lettre signée par plus de plus de 100 organisations environnementales libanaises à plusieurs pays contribuant au financement de la Banque mondiale, dans laquelle ces ONG appelaient à arrêter le "projet catastrophique" de Bisri, en raison de la situation économique et financière actuelle du Liban, qui connaît sa pire crise de ces 30 dernières années. Les associations demandaient aux pays concernés de "prendre en compte des alternatives au barrage". 

La campagne de protection de la plaine de Bisri a dès lors exhorté le gouvernement à mettre "officiellement" un terme au projet et à préparer un plan de travail selon lequel les fonds du prêt accordé par la BM pour la construction du prêt serait utilisé "dans l'intérêt des citoyens". "Le ministère de l'Energie doit par ailleurs développer une stratégie durable de la gestion de l'eau et abandonner la politique de construction chaotique de barrages, qui a échoué et a causé d'énormes dégâts pour la société et l'environnement au Liban", ajoute le communiqué. Pour ces militants, la solution aux pénuries d'eau à Beyrouth et dans ses environs repose prioritairement sur "la réforme des institutions et la fin du gaspillage sur les réseaux de distribution". 

Le projet du barrage de Bisri est principalement financé par un prêt de la Banque mondiale et conçu pour alimenter la capitale en eau avec un stockage estimé à 125 millions de mètres cubes (une probabilité que contestent de nombreux experts). Le projet avait été annoncé comme devant coûter un peu plus de 600 millions de dollars, mais, suivant une source qui suit de près le dossier, le budget réel atteindra pas moins de 1,2 milliard, et 997 millions seraient d’ores et déjà réservés à cet effet. Ce projet a été la cible de nombreuses manifestations avant et pendant le soulèvement libanais lancé le 17 octobre. Les contestataires craignent les retombées de la construction du barrage dans une vallée riche notamment en biodiversité.

Début avril, le gouvernement avait réaffirmé, à la demande du ministre de l'Energie, Raymond Ghajar, sa volonté de poursuivre les travaux après une suspension temporaire due à la mobilisation des contestataires. M. Ghajar avait estimé qu'un arrêt des travaux constituerait "un énorme gaspillage des fonds publics".

La Banque mondiale envisage de mettre un terme au financement du projet de barrage dans la plaine de Bisri, a annoncé mercredi la Campagne de protection de cette plaine, alors que le gouvernement libanais avait réaffirmé au début du mois sa volonté de mener à bien la construction de ce barrage hydraulique controversé. "Une grande avancée a été réalisée pour mettre un terme au contrat douteux du barrage de Bisri", a annoncé la campagne dans un communiqué. "Après des pressions pendant plus de quatre ans, qui se sont renforcées avec la révolution du 17 octobre, nous avons commencé à percevoir un changement évident de la position de la Banque mondiale, qui envisage d'arrêter le versement des fonds consacrés à la construction du barrage", ajoute le texte. La dernière initiative en date de la campagne a été...