Le chef de l’État s’entretenant avec le Premier ministre avant la réunion du gouvernement. Photo Dalati et Nohra
Le gouvernement a décidé de prolonger jusqu’au 26 avril la période de mobilisation générale, décrétée le 15 mars et renouvelée une première fois jusqu’au 12 avril, dans le cadre de la lutte contre la propagation du nouveau coronavirus dans le pays. La décision a été prise hier, au cours du Conseil des ministres qui s’est tenu à Baabda, sous la présidence du chef de l’État, Michel Aoun, juste après la réunion du Conseil supérieur de la défense qui a recommandé une extension de la mobilisation générale.
« Alors que nous nous approchons de la fin de la quatrième semaine sous le régime de mobilisation générale, les mesures de précaution doivent être respectées davantage. Nous ne pouvons pas encore dire que nous avons endigué le coronavirus sur le territoire libanais. Face à la crainte d’une propagation encore plus grande de la pandémie, nous devons donc prolonger la mobilisation générale de deux semaines », a déclaré le Premier ministre, relayé par la porte-parole du gouvernement, la ministre de l’Information, Manale Abdel Samad, à l’issue du Conseil des ministres. Il a annoncé avoir demandé au ministre des Finances, Ghazi Wazni, d’ouvrir une ligne de crédit de 1 800 milliards de livres pour la lutte contre l’épidémie.
En début de réunion, le président de la République, Michel Aoun, avait lui aussi insisté sur « l’importance de respecter encore plus les mesures mises en place pour lutter contre le coronavirus ». « Même si celles qui ont été déjà adopté ont permis jusqu’ici de limiter le nombre de contaminations, cela n’empêche pas de poursuivre l’application de ces décisions et d’imposer leur respect », a-t-il dit.
Pour ce qui est de l’assistance envisagée pour les plus démunis, le chef du gouvernement a expliqué que les aides financières (400 000 livres par famille) ne « vont pas tarder à être distribuées par l’armée, sur base d’une liste de noms et de données établies par une équipe qui a été affectée à ce projet ». Il a fait état d’une possible marge d’erreur, précisant toutefois que « l’armée doit vérifier sur le terrain la liste des bénéficiaires et l’amender au besoin ». « Entre-temps, les municipalités auront achevé les listes des familles dans le besoin, chacune dans son périmètre. Celles-ci serviront à compléter les nôtres », a poursuivi Hassane Diab, en précisant qu’une distribution de provisions alimentaires est prévue dans un second temps, toujours à travers l’armée et en collaboration avec les municipalités, des ONG et des donateurs. « Nous allons essayer d’élargir le spectre des bénéficiaires, notamment dans les régions les plus pauvres », a encore dit M. Diab, qui a ensuite insisté sur la nécessité de contrôler le prix des produits alimentaires et de première nécessité. « J’ai constaté lors d’une tournée mercredi dans les supermarchés que les prix sont trop élevés. Nous devons exercer des pressions sur les commerçants pour éviter des flambées anarchiques des prix. Ce dossier sera examiné soit en Conseil des ministres, soit avec les ministres concernés », a poursuivi le chef du gouvernement pour qui « la sécurité alimentaire est tout aussi importante que la sécurité dans son sens le plus étroit ». Plus tôt dans la matinée, le Conseil supérieur de la défense, présidé par Michel Aoun, en présence du chef du gouvernement, des ministres et des représentants des institutions et des services concernés, a évalué l’application des mesures prises dans le cadre de la mobilisation générale. Celles-ci ont été jugées « bonnes » dans leur ensemble. Le ministre de la Santé, Hamad Hassan, qui a exposé l’évolution de l’épidémie, ainsi que les préparatifs au niveau des hôpitaux, a insisté sur l’importance d’un maintien du confinement, en expliquant qu’il n’est pas encore possible d’alléger les mesures prises dans le cadre de la mobilisation sanitaire.

