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Nos lecteurs ont la parole - Jean Louis Prevost (Junior)

Plaidoyer pour une politique multilatérale

Voyager d’un bout à l’autre de la planète n’a jamais été aussi accessible. Devenir actionnaire d’une entreprise localisée à plus de 10 000 km de sa maison et dont on n’a peut-être jamais acheté un produit n’a jamais été aussi simple. Obtenir des informations en temps réel sur la situation humanitaire dans les coins les plus déconnectés n’a jamais paru aussi normal.

Depuis la fin de la guerre froide et la fin de l’âge de l’idéologie liée à la toute-puissance du capitalisme, le monde a connu une explosion des échanges commerciaux mais aussi des flux de capitaux. Ces mouvements se sont aussi accompagnés d’une internationalisation des mouvements humains stimulés par la réduction des coûts de transports.

L’explosion des moyens de communication avec l’émergence des réseaux sociaux ainsi que les chaînes de télévision en direct ont démonétisé le coût de l’information la rendant accessible à tous, quitte à en réduire la qualité.

On ne peut que se réjouir de cette croissance des échanges entre nos différents pays. Toutefois, une mondialisation durable et équitable ne peut s’achever que si celle-ci revêt un caractère politique.

D’où les contradictions de notre époque où la seule institution à caractère mondial (l’Organisation des Nations unies) n’a aucun pouvoir de décision. L’organisation politique du monde est toujours régie par des principes qui datent du XVIIIe siècle et découlent de l’avènement de l’État-nation. Mais comment l’État-nation peut-il résoudre des problèmes à caractère mondial tels que la pandémie du Covid 19 ou le réchauffement climatique auquel nous sommes confrontés ?

Le seul projet politique qui a essayé de surmonter cette logique nationale est l’Union européenne, mais malheureusement toute tentative d’intégration politique a été bloquée par les comportements individualistes des pays membres.

Quel paradoxe dans lequel nous vivons ! Notre planète fait face à des problèmes à caractère mondial résultant de l’intégration accrue de nos économies. Cependant, nos institutions politiques sont toujours bloquées dans cette logique nationale. Par conséquent, chaque problème qui requiert une forme de coopération entre les États ne peut être résolu de manière réactive. La gestion de la crise du virus corona est un exemple de ce manque frappant de coordination. Il a fallu plus d’un mois après sa propagation en Chine pour que les autres pays commencent à réagir. De plus, chaque pays semble combattre la propagation du virus seul et les efforts de coopération entre pays semblent limités.

La seule vraie solution afin de répondre à ces problèmes est de changer de paradigme et de mettre en place de véritables institutions politiques mondiales avec des prérogatives législatives, judicaires et monétaires.

À l’heure où l’on assiste à l’élection de présidents excentriques qui privilégient l’unilatéralisme au multilatéralisme, le repliement sur soi paraît être la solution la plus commode mais aussi celle qui est la plus dangereuse pour l’avenir de notre humanité. Ces reformes mettraient fin à la superpuissance américaine et demanderaient un courage politique exceptionnel, que l’on ne voit normalement apparaître qu’après des catastrophes humanitaires majeures. Devra-t-on attendre ce type d’événement afin que le monde prenne conscience qu’avant d’être français, américains ou chinois, nous sommes avant tout des êtres humains ?

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

Voyager d’un bout à l’autre de la planète n’a jamais été aussi accessible. Devenir actionnaire d’une entreprise localisée à plus de 10 000 km de sa maison et dont on n’a peut-être jamais acheté un produit n’a jamais été aussi simple. Obtenir des informations en temps réel sur la situation humanitaire dans les coins les plus déconnectés n’a jamais paru aussi normal.Depuis la fin de la guerre froide et la fin de l’âge de l’idéologie liée à la toute-puissance du capitalisme, le monde a connu une explosion des échanges commerciaux mais aussi des flux de capitaux. Ces mouvements se sont aussi accompagnés d’une internationalisation des mouvements humains stimulés par la réduction des coûts de transports.L’explosion des moyens de communication avec l’émergence des réseaux sociaux ainsi que...
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