J’ai toujours cru que je reviendrais vers ces rues qui m’ont vu grandir. Mais plus je grandissais, plus ce rêve semblait s’éloigner de mon esprit. Cette illusion, cette notion de vie, au Liban, semblait de plus en plus comme une illusion, une oasis de plaisir dans un désert aride et cailleux. Ces vautours, qui un jour polluaient le paysage, étaient devenus le paysage. Et cette période, cette belle époque apparaissait comme une parenthèse, un souffle de paix, un monde éphémère, un séjour de répit offert aux survivants de la guerre, avant de les ronger petit à petit vers une fin à l’image de leurs épopées.
De l’ennemi visible, ils luttent à présent contre l’ennemi invisible : une atmosphère toxique et plombante, un air asphyxiant les souffles de ceux et celles qui ont cru à leurs rêves. Ceux et celles qui comme moi ont voulu rester, ou ceux et celles qui n’ont pas pu partir. Ces prisonniers de la vie, ou plutôt de la perdition infinie, de la peste maudite, du mal qui s’est installé, du cancer qui a survécu, de la grisaille, de l’avidité, du vice humain, du mal, à l’état pur. On dit que de la boue naissent les plus belles roses. Cela est certainement vrai. Mais ces roses-là portent dans leur cœur le parfum déchu de la rose fanée, du rêve inatteignable, d’un passé inachevé et d’un futur plus que jamais incertain.
Comme le petit prince, certains de nous cherchent d’autres planètes, à qui leur dessinera un mouton pour protéger des mauvaises pousses. Comme le petit prince, ces voyages s’animent d’un plaisir : celui de pouvoir revenir, avec l’antidote. Mes roses sont uniques. Elles ne se ressemblent pas. Elles sont à l’image de leurs adversités et du temps qu’elles ont mis à pousser, sous le regard émerveillé de ceux qui croyaient en l’impossible. Tenez bon roses, attendant notre retour...
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la nostalgie rejoint l espoir, ... on dessine un mouton..on attend les roses. Bonne chance docteur
09 h 47, le 31 mars 2020