Liban

Rapatriement des Libanais : Berry appelle le gouvernement à revenir sur sa décision

Le chef du Parlement libanais, Nabih Berry. Photo d'archives REUTERS/Mohamed Azakir

Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, a appelé le gouvernement de Hassane Diab à se réunir "le plus rapidement possible" afin de réétudier la question du retour des Libanais se trouvant actuellement coincés à l'étranger, alors que le ministre des Affaires étrangères, Nassif Hitti, avait annoncé hier que les expatriés pourraient rentrer au Liban après avoir passé un test de dépistage pour le nouveau coronavirus. 

"J'appelle le cabinet à tenir une réunion exceptionnelle, le plus rapidement possible, pour reconsidérer l'affaire des Libanais qui doivent faire face aux risques de l'épidémie dans des régions endémiques du monde entier, certains ne disposant pas d'hôpitaux et ne suivant pas les règles les plus élémentaires en matière de soins de santé", a déclaré M. Berry dans un communiqué. Critiquant la décision prise hier par le gouvernement de ne permettre le retour que des Libanais ayant effectué un test de dépistage, il a déclaré à ce sujet : "Les tentatives de dilapider les dépôts de ces expatriés via l'adoption d'une loi régulant les contrôles des capitaux ne suffisent-elles pas ?" Il a encore reproché au gouvernement de vouloir "faire porter" aux expatriés souhaitant rentrer au Liban "le coût de leur retour, qu'il soit financier ou médical". 

Alors que le Liban traverse une grave crise économique et financière, les banques du pays interdisent depuis des mois tout transfert d'argent à l'étranger, rendant la vie compliquée aux expatriés. Depuis plusieurs semaines, le gouvernement planche sur un projet de loi, rédigé par le ministre de l'Economie Raoul Nehmé, structurant ces mesures de contrôle de capitaux prises par les banques. 

De son côté, le député (Kataëb) Samy Gemayel a également critiqué la décision de la diplomatie libanaise. "La différence est grande entre le fait de continuer à autoriser l'arrivée d'avions transportant des Libanais et des étrangers, sans surveillance, et entre la décision de l'Etat de conditionner le retour des Libanais à leur situation médicale et en faisant la distinction entre les personnes contaminées ou pas", a écrit M. Gemayel sur son compte Twitter. Le député fait référence notamment au fait que de nombreux avions ont continué à arriver à Beyrouth en provenance de régions endémiques, plusieurs jours après la détection du premier cas de nouveau coronavirus au Liban, une femme rentrant d'Iran. 

Jeudi, le chef de la diplomatie libanaise avait indiqué que les Libanais se trouvant à l'étranger ne pourraient rentrer au Liban qu'après avoir subi des tests de dépistage pour éviter tout risque de propagation du nouveau coronavirus (Covid-19) dans le pays qui a enregistré jusqu'à ce jour plus de 390 cas, dont sept décès. Il a par ailleurs souligné que "la limite des virements bancaires sera augmentée pour les étudiants libanais bloqués à l'étranger". "Concernant ceux dont les parents n'ont pas pu leur transférer de l'argent en raison de la situation, nous nous chargerons de les soutenir", a précisé le ministre. 



Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, a appelé le gouvernement de Hassane Diab à se réunir "le plus rapidement possible" afin de réétudier la question du retour des Libanais se trouvant actuellement coincés à l'étranger, alors que le ministre des Affaires étrangères, Nassif Hitti, avait annoncé hier que les expatriés pourraient rentrer au Liban après avoir passé un...