Photo AFP / Christophe ARCHAMBAULT
Face au coronavirus, le gouvernement français cherche à mobilliser la population autour de son agriculture, puissante mais déclinante, appelant les citoyens à consommer les produits nationaux, mais aussi à aller travailler aux champs.
La France est restée une puissance agricole, mais est bousculée par la mondialisation des flux, les traités de libre-échange et l'exode rural. Et le Covid19, qui perturbe les échanges commerciaux et paralyse l'activité économique du monde entier, pèse aussi sur la filière.
Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a lancé mardi "un appel à l'armée de l'ombre des hommes et des femmes" qui "n'ont plus d'activité" en raison de la crise du coronavirus, "à rejoindre la grande armée de l'agriculture française", en quête de main-d'oeuvre.
"Il y a aujourd'hui la possibilité d'avoir 200.000 emplois directs dans les métiers de l'agriculture", privée de la main-d'oeuvre notamment étrangère qu'elle emploie habituellement pour les travaux des champs, a expliqué Didier Guillaume sur BFMTV, demandant à ceux qui le souhaitent d'aller "dans les champs" alors que la France compte des millions de chômeurs, et que le virus a mis à l'arrêt des centaines de milliers de travailleurs.
Depuis des décennies, l'agriculture emploie de nombreux travailleurs saisonniers étrangers dans ses champs. "Il faut produire pour nourrir les Français", a encore clamé M. Guillaume, en évoquant "un acte citoyen, civil". Selon le ministre de l'Agriculture, les volontaires "seront salariés par les agriculteurs et on regardera comment les choses pourront se faire".
Un autre membre du gouvernement, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a lui appelé mardi les enseignes de la grande distribution à s'approvisionner auprès des agriculteurs français, pénalisés par la fermeture des marchés annoncée lundi pour enrayer la propagation de la maladie en France. "J'appelle les grands distributeurs à un nouvel effort: approvisionnez-vous en produits français", a déclaré le ministre sur Franceinfo, estimant que durant cette crise l'économie française aura besoin de "patriotisme économique".


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