L'anthropologue franco-iranienne et spécialiste de l'islam chiite Fariba Adelkhah est actuellement détenue en Iran. Capture d'écran d'une vidéo publiée sur YouTube.
Le comité de soutien des deux chercheurs français détenus en Iran s'est félicité samedi de la libération de Roland Marchal mais a souligné que "seule la moitié du chemin" était faite et que le "combat" continue pour obtenir celle de Fariba Adelkhah.
"Nous accueillons avec soulagement l'arrivée de Roland Marchal à Paris après près de neuf mois de détention arbitraire dans des conditions très dures", a déclaré Jean-François Bayart, professeur à l'IHEID (Institut de Hautes Etudes Internationales et du Développement) de Genève et membre du comité de soutien, à l'AFP.
La présidence française a annoncé que l'universitaire arriverait en milieu de journée en France. "Mais seule la moitié du chemin est parcourue. Reste en détention tout aussi arbitraire Fariba Adelkhah, de nationalité à la fois iranienne et française et donc du point de vue du droit français citoyenne à part entière de la République Française", a-t-il ajouté. L'Iran ne reconnaît pas la double nationalité. "Nous sommes de tout coeur avec elle et il faut qu'elle sache que pour nous le combat continue et que la République française reste engagée pour obtenir cette libération non moins justifiée que celle de Roland Marchal", a poursuivi Jean-François Bayart.
Spécialiste de l'Afrique, Roland Marchal, 64 ans, a été arrêté en même temps que sa compagne, chercheuse comme lui au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris, en juin 2019 à Téhéran. Mme Adelkhah, 60 ans, une anthropologue réputée spécialiste du chiisme, reste incarcérée à la prison d'Evine à Téhéran.
L'universitaire a été libéré dans le cadre d'un échange avec un Iranien détenu en France et dont les Etats-Unis réclamaient l'extradition. Le comité de soutien a remercié au passage la diplomatie française pour "la détermination avec laquelle elle oeuvre pour la libération de nos deux compatriotes". Il rappelle que la chercheuse a mené une grève de la faim de 49 jours pour réclamer leur libération et "refusé pendant plus d'un mois de regagner sa cellule" pour pouvoir voir et "conforter" son compagnon, ce qui leur a toujours été refusé.


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