Rechercher
Rechercher

Moyen-Orient - Pandémie

L’Europe ferme ses frontières

Macron déclare la « guerre » sanitaire et restreint fortement les déplacements des Français.

Une photo prise de l’aéroport de Rome, complètement vide. Aereporto Di Roma/AFP

Emmanuel Macron a pris une mesure inédite dans l’histoire récente de la France en annonçant hier soir une restriction sévère des déplacements de la population, parce que le pays « est en guerre » contre la pandémie du coronavirus.

Le chef de l’État français a aussi annoncé le report du second tour des élections municipales, et la suspension de toutes les réformes, dont celle des retraites, aussi emblématique que contestée.

« Jamais la France n’avait eu à prendre de telles décisions par temps de paix », a lancé le président dans sa seconde allocution solennelle en cinq jours, soulignant que « nul ne peut savoir » combien de temps va durer l’épidémie. Les « déplacements seront fortement réduits pour 15 jours au moins » à partir de mardi midi pour « limiter au maximum les contacts » et lutter contre l’expansion du coronavirus, a expliqué Emmanuel Macron. Il ne sera ainsi plus possible de « retrouver ses amis ou d›aller au parc », et « seuls doivent demeurer les transports absolument nécessaires », « pour se soigner », faire ses courses ou encore « aller au travail quand le travail à distance n’est pas possible », a détaillé le chef de l’État.

« Toute infraction sera sanctionnée », a-t-il mis en garde, annonçant par ailleurs la suspension pour 30 jours de tous les voyages entre les pays non européens et l’UE.

Avec ce confinement – un terme évité par le président Macron – partiel, la France prend exemple sur l’Italie et l’Espagne, les deux pays européens les plus touchés par la pandémie, où la mesure a été jusqu’à présent bien acceptée par la population.

Il a aussi appelé les Français contraints de rester chez eux à être solidaires entre voisins, à appeler leurs proches et à « inventer de nouvelles solidarités ».

« Je vous demande d’être responsables tous ensemble et de ne céder à aucune panique », a-t-il ajouté. « La France vit un moment très difficile » et « il faudra nous adapter », mais « nous gagnerons », a-t-il lancé.

La mesure de confinement limité intervient après une série d’autres décisions de plus en plus contraignantes prises ces derniers jours, mais qui ont été jugées insuffisantes pour faire face à l’aggravation de la pandémie.

Le week-end a ainsi été marqué par l’annonce de la fermeture des lieux publics « non essentiels », comme les restaurants, les bars et les commerces non alimentaires. Elle s’ajoutait à celle des crèches, des écoles et des universités, annoncée jeudi par Emmanuel Macron au cours d’une première allocution télévisée.

La Commission européenne a de son côté proposé d’interdire les voyages « non essentiels » vers l’UE, avec des dérogations, pour une période initiale de 30 jours. Aujourd’hui, se déroulera une réunion extraordinaire des 27 dirigeants de l’Union européenne.

Le cri d’alarme du G7

Auparavant hier, les dirigeants du G7 ont dit hier vouloir apporter « une réponse forte » face à la propagation du nouveau coronavirus que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifiée de « crise sanitaire mondiale majeure » et qui a désormais fait plus de malades et de morts hors de Chine. « La pandémie de Covid-19 est une tragédie humaine et une crise sanitaire internationale, qui fait également peser des risques majeurs sur l’économie mondiale », ont déclaré les responsables du groupe de sept pays industrialisés dans un communiqué diffusé à l’issue d’un sommet extraordinaire organisé par visioconférence.

« Nous coordonnerons nos efforts pour retarder la propagation du virus, y compris par des mesures appropriées de gestion des frontières », ont-ils ajouté, à un moment où le monde entier se barricade face à la pandémie et où l’OMS appelle à « tester chaque cas suspect ».

Pour la première fois, Donald Trump a jugé « possible » une récession aux États-Unis. Interrogé sur le devenir de cette pandémie face à laquelle tous les pays de la planète se barricadent un à un, le président américain a évoqué une possible fin de l›épidémie aux États-Unis en juillet ou août. Recommandant à tous les Américains, y compris « les plus jeunes et en bonne santé », d›éviter les regroupements « de plus de 10 personnes », il a jugé que la réponse de la Maison-Blanche méritait un « 10/10 ». Le gouverneur de l’État américain du New Jersey, voisin de New York, a annoncé hier un couvre-feu concernant tous les commerces et déplacements non essentiels, la première mesure de ce type au niveau d’un État, et le Canada bannit l’entrée d’étrangers sur son territoire, exhortant par ailleurs à ne pas quitter son domicile.

En Allemagne, des contrôles aux frontières sont entrés en vigueur et les habitants ont été appelés à « rester à la maison » et à renoncer aux vacances. L’Espagne a annoncé la fermeture de ses frontières terrestres, et la Suisse a décrété l’état d’urgence, interdisant pratiquement « toutes les manifestations publiques et privées ». Le Portugal a enregistré quant à lui son premier décès dû au Covid-19. Et le gouvernement britannique a demandé d’éviter tout contact et déplacement « non essentiel ».

Les lieux saints, les plages, etc.

Les restrictions aux frontières s’ajoutent à une cascade de mesures prises dans les différents pays. Écoles et universités, restaurants, bars, discothèques, cinémas sont désormais fermés un peu partout, y compris les pubs en Irlande et les maisons closes aux Pays-Bas.

Sans parler de quatre importants lieux saints en Iran, dont le sanctuaire de Machhad, du Taj Mahal en Inde, des mosquées au Maroc, de la suspension des prières collectives en Turquie, les habitants de Rio étant pour leur part appelés à quitter les plages. Le monde du sport est à l’arrêt ou à huis clos, les musées restent fermés et les annulations d’événements culturels se multiplient.

La ville de Moscou a annoncé la fermeture à compter du 21 mars de toutes les écoles et va limiter drastiquement dès mardi toute activité publique de loisirs en raison de la pandémie de coronavirus.

Lundi noir sur les marchés

Les marchés boursiers reflétaient cette humeur, avec un lundi noir malgré l’offensive des banques centrales.

La Réserve fédérale américaine (Fed) a brutalement abaissé dimanche ses taux d’intérêt à zéro et participé à coup de centaines de milliards de dollars à une action mondiale concertée avec d’autres banques centrales – celles du Japon, du Royaume-Uni, du Canada, de Suisse – pour approvisionner le monde en liquidités. Elle a procédé à une deuxième opération lundi (500 milliards).

Des annonces qui n’ont pas suffi à rassurer les marchés, tétanisés par les craintes d’une récession mondiale face à une pandémie qui semble ralentir dans son berceau asiatique, mais se propage sur les autres continents.

Les Bourses européennes ont clos leur séance hier en forte baisse (de 5,31 % à Francfort, de 4,71 % à Londres). Wall Street a encaissé une des pires séances de son histoire hier. Selon des résultats provisoires à la clôture, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, s’est effondré de 12,94 %, sa plus lourde chute depuis le Lundi noir d’octobre 1987. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, s’est écroulé de 12,32 %.

Plusieurs grandes compagnies aériennes ont fortement réduit la voilure. La compagnie allemande Lufthansa va ainsi supprimer « jusqu’à 90 % » de ses capacités de vols longs-courriers, ses consœurs américaines vont réclamer 50 milliards de dollars d’aide.

Dans le monde entier, le nombre des cas de Covid-19 recensés officiellement s’établissait hier en début de soirée à plus de 175 000 cas. La maladie a fait périr plus de 7 000 personnes, dont 2 158 en Italie, le nombre des contaminations explosant en Europe. Il y a désormais plus de décès recensés ailleurs dans le monde qu’en Chine continentale (3 213), point de départ en décembre de la pandémie et pays le plus touché.

L’Italie, où l’on compte environ 28 000 cas, n’a pas « encore atteint le pic » de contagion, a averti son Premier ministre.

Deuxième pays le plus touché d’Europe, l’Espagne (9 191 cas dont 309 morts) a enregistré près de 1 500 nouveaux cas en 24 heures et le gouvernement a prévenu que le confinement de la population risquait de durer.

En France (148 morts et 6 633 cas avec plus de 400 personnes hospitalisées en état grave), la situation « est très inquiétante » et « se détériore très vite », selon les autorités.

Le Chili a emboîté le pas hier à nombre d’autres pays qui ont annoncé dimanche la fermeture totale ou partielle de leurs frontières.

Aux États-Unis, où le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a accusé lundi la Chine de « semer la désinformation et des rumeurs abracadabrantes » sur l’origine du coronavirus, un premier essai clinique est en cours pour un vaccin.

Source : AFP

Emmanuel Macron a pris une mesure inédite dans l’histoire récente de la France en annonçant hier soir une restriction sévère des déplacements de la population, parce que le pays « est en guerre » contre la pandémie du coronavirus.Le chef de l’État français a aussi annoncé le report du second tour des élections municipales, et la suspension de toutes les réformes, dont celle des retraites, aussi emblématique que contestée.« Jamais la France n’avait eu à prendre de telles décisions par temps de paix », a lancé le président dans sa seconde allocution solennelle en cinq jours, soulignant que « nul ne peut savoir » combien de temps va durer l’épidémie. Les « déplacements seront fortement réduits pour 15 jours au moins » à partir de mardi midi pour « limiter...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut