Emmanuel Macron. REUTERS/Pascal Rossignol/Pool
Le président français Emmanuel Macron pourrait annoncer lundi soir de nouvelles mesures pour tenter d'enrayer la propagation du coronavirus dans le pays, qui tourne déjà au ralenti. Après avoir parlé dans la matinée avec les responsable européens et la chancelière Merkel, le chef de l'Etat présidera un déjeuner de travail "en format Conseil de défense", une formation restreinte réunissant les acteurs clé de la crise, avant une réunion du G7 en visioconférence puis une adresse à la nation à 19H00 GMT. Ces nouvelles réunions visent à trancher sur un éventuel durcissement des mesures à prendre pour enrayer l'épidémie, qui ne cesse de progresser en France malgré les mesures de plus en plus drastiques depuis jeudi.
Le bilan de l'épidémie a grimpé dimanche à 127 morts et 5.423 cas confirmés en France, soit 36 morts et plus de 900 cas supplémentaires en 24 heures, la plus forte augmentation quotidienne des cas et décès depuis l'apparition du virus dans le pays.
Le président pourrait évoquer notamment d'éventuelles mesures de confinement, sur lesquelles s'interrogent tous les Français et il doit également trancher sur le maintien ou non du second tour des élections municipales après un premier tour dimanche marqué par une forte abstention.
Pour l'instant, face à une situation qui "se détériore très vite", les autorités ont enjoint les Français à rester chez eux fermant ce lundi crèches, écoles et universités, bars et restaurants et tous les commerces non essentiels. Et la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a assuré que le gouvernement prendrait "toutes les mesures" qui permettront de "modifier en profondeur les comportements" des Français face au coronavirus.
Dimanche le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait déjà appelé à une prise de conscience, alors que de nombreux Français, notamment à Paris, ont profité dimanche du soleil printanier pour se presser dans les parcs et jardins publics.
Lundi matin, alors que la grisaille était revenu plomber le ciel de la région parisienne, la foule était clairsemée dans les rues de la capitale ou de la banlieue arpentées par des journalistes de l'AFP. Piétons rares, parfois pourvus de gants et de masques, quelques camions et bus vides circulant: la vie était minimale. Mais la population continuait cependant de sortir s'approvisionner en s'armant de patience pour attendre son tour devant les magasins pratiquant un filtrage des entrées.
Ce qui n'était pas le cas partout: devant un supermarché d'Aulnay, en région parisienne, la foule agglutinée avant l'ouverture, s'est précipitée d'un bloc quand le magasin a ouvert, au mépris des consignes de sécurité recommandant une distance minimale d'un mètre avec son voisin, selon un témoignage.
En province également, à Nontron, dans le sud-ouest, le supermarché local a été pris d'assaut dès 9h du matin avec de longues files d'attente aux caisses, et des rayons déjà vides.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine