Le vétéran algérien de la guerre d'indépendance Lakhdar Bouregaâ, à Alger, en novembre 2015. Photo d'archives AFP / Ryad KRAMDI
Le procureur d'un tribunal d'Alger a requis un an de prison ferme contre une des personnalités les plus en vue de la contestation, Lakhdar Bouregaâ, 86 ans, un vétéran respecté de la Guerre d'indépendance algérienne, a-t-on appris jeudi auprès d'un avocat de la défense.
"Le procureur de la République près le tribunal de Bir Mourad Rais (à Alger) a demandé un an de prison ferme contre Bouregaâ pour atteinte à corps constitué", a déclaré à l'AFP l'avocat Abdallah Habboul Le verdict sere rendu le 26 mars, a précisé Me Habboul.
M. Bouregaâ avait été remis en liberté provisoire le 2 janvier après avoir passé six mois en détention préventive à la prison d'El-Harrach à Alger.
"On juge aujourd'hui l'homme pour ses opinions mais aussi pour avoir été un opposant historique au système depuis l'indépendance", a estimé un de ses avocats, Me Noureddine Benissad, membre du collectif de défense, cité par le site d'information en ligne TSA.
L'arrestation à son domicile puis le placement en détention préventive, le 30 juin dernier, de M. Bouregaâ - haut responsable militaire de l'Armée de Libération nationale (ALN) durant la guerre contre le pouvoir colonial français (1954-1962) - avaient suscité l'indignation en Algérie. Depuis, son portrait a été brandi dans les cortèges hebdomadaires du "Hirak" - le mouvement de protestation populaire inédit qui ébranle l'Algérie depuis plus d'un an - et il était devenu un symbole de tous les "détenus politiques et d'opinion".
M. Bouregaâ avait été arrêté après avoir sévèrement critiqué le puissant chef d'état-major de l'armée de l'époque, le général Ahmed Gaïd Salah, qui apparaissait alors comme l'homme fort de l'Algérie depuis la démission le 2 avril du président Abdelaziz Bouteflika, sous la pression du "Hirak".
Le général Gaïd Salah est décédé le 23 décembre, quelques jours après l'entrée en fonction du nouveau président Abdelmadjid Tebboune.
Par ailleurs, un jeune opposant, Mohamed Tadjadit, surnommé "le poète du +Hirak+", a été condamné jeudi par un tribunal algérois à un an de prison avec sursis en appel, selon le Comité national de libération des détenus (CNLD), une association de soutien. M. Tadjadit avait été condamné à 18 mois de prison ferme en première instance pour "atteinte à l'unité nationale" puis remis en liberté début janvier lors d'une vague de libérations vue alors comme un geste d'apaisement des autorités.
Les procès d'activistes du "Hirak" se multiplient ces derniers jours et plusieurs figures du mouvement - comme l'opposant politique Karim Tabbou - ont été condamnées à des peines de prison plus ou moins sévères.
"On juge aujourd'hui l'homme pour ses opinions mais aussi pour avoir été un opposant historique au système depuis l'indépendance", a...


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