« Ce que vous faites aux plus pauvres, vous le faites à moi », a dit Dieu. Aujourd’hui, à l’heure où le pays traverse l’une des crises les plus terribles de son histoire, à l’heure où les familles se consument à petit feu, où des pères choisissent la mort plutôt que la honte de ne pouvoir nourrir leurs enfants, où les familles hurlent leur désespoir de se retrouver dans la rue, où la famine menace, l’angoisse gronde, la révolte grandit, les jeunes désespèrent et quittent la mort dans l’âme, je m’adresse à tout le clergé chrétien, à ces hommes qui ont choisi la voie de Dieu qui prône l’aide aux plus pauvres, le don de soi, l’amour du prochain, pour agir et aider les plus démunis.
Depuis le début de cette révolution, des femmes, des hommes, des jeunes sont allés spontanément à la rencontre de la misère, soulageant les familles de leur détresse, allégeant leurs peines, créant de formidables chaînes humanitaires et alimentaires pour soulager cette misère qui tapait aux portes et menaçait ces familles. La formidable générosité des Libanais a dépassé les frontières, donnant un vrai exemple au monde entier. Mais aujourd’hui, cette misère va au-delà de l’action du simple citoyen. L’ampleur de leur détresse dépasse les moyens de la société civile.
L’État, inscrit aux abonnés absents, se lave les mains de toute cette détresse, et les familles désespèrent encore plus, sous le poids de cette pauvreté qui s’installe. Alors aujourd’hui, c’est au tour du clergé, de ces prêtres et de ces religieuses de prendre la relève : qu’ils aillent, à l’instar de mère Teresa, la sœur des pauvres, auprès des pauvres dans les rues, sauver les familles et soulager leur détresse, que les églises et les couvents des montagnes ouvrent leurs portes à ces familles et ces enfants menacés du froid, à l’instar de l’abbé Pierre qui a ouvert une auberge de jeunesse pour accueillir les plus désespérés, que tous les chefs d’Église se penchent sur les problèmes de leurs communautés, entendent leurs demandes et parent au plus urgent.
Aujourd’hui, l’heure n’est plus à la prière, mais à l’action. L’heure n’est plus aux paroles, mais aux actes. Agissez, allez au-devant du malheur des autres. Et c’est dans l’union, et main dans la main, que nous surmonterons cette détresse et que nous soulagerons cette misère qui menace ces familles, ces enfants et ces parents qui pleurent devant leur honte et leur douleur de ne pouvoir protéger leurs enfants.
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