Le patron de la Fed, Jerome Powell, hier à Washington. Mark Makela/Getty Images/AFP
La Banque centrale américaine (la Fed) a abaissé ses taux hier de 0,5 point de pourcentage sur fond d’épidémie de nouveau coronavirus (Covid-19) et d’appels pressants de Donald Trump. « À la lumière de ces risques » posés par le nouveau coronavirus, la Fed a « (décidé) aujourd’hui d’abaisser ses taux d’un demi-point de pourcentage », selon un communiqué surprise publié hier juste après une réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G7, dont aucune annonce concrète n’était sortie mais qui promettait une action concertée.
La décision de baisser les taux en dehors du calendrier habituel des réunions monétaires a été prise à l’unanimité, souligne le communiqué de la Fed. C’est une première depuis la crise financière de 2008. Les taux directeurs se situent désormais dans une fourchette comprise entre 1 % et 1,25 %. La Fed a enfin également assuré être en train de « surveiller étroitement » l’impact du coronavirus sur l’économie , mais souligne que « les fondamentaux de l’économie américaine restent solides ».
Réunion de l’OPEP
La possibilité que la FED baisse ses taux avait déjà été évoquée, notamment par James Bullard le week-end dernier. Le président de la Réserve fédérale de Saint-Louis, qui participe également aux réunions du Federal Open Market Committee (FOMC, organisme privé en charge de la politique monétaire du gouvernement des États-Unis, en coordination avec la Fed), l’avait toutefois conditionnée à une forte aggravation de l’épidémie. Vendredi dernier, dans un rare communiqué de presse, le président de la Fed Jerome Powell avait en outre assuré que l’institution se tenait prête à intervenir si nécessaire face aux effets sur l’économie de l’épidémie.
Attendu avec impatience par les marchés financiers, victimes la semaine dernière d’une chute des cours inédite depuis 2008, le G7, qui compte parmi les pays les plus riches de la planète, s’est lui dit hier matin « prêt à agir, y compris à prendre des mesures budgétaires si c’est approprié, pour soutenir l’économie ». Des propos martelés à l’issue d’une réunion téléphonique des ministres des Finances et des banquiers centraux du G7 organisée quelques heures avant la publication du communiqué de la Fed. Les marchés ne savaient pour leur part pas très bien comment réagir à ces annonces combinées. Si les places européennes ont applaudi la baisse des taux, l’indice vedette de Wall Street a, lui, reperdu du terrain après être passé dans le vert après l’annonce.
Rien ne dit en effet que l’engagement du G7 et la décision de la Fed suffiront à réveiller une économie mondiale qui ralentit au fur et à mesure que la maladie se diffuse : plus de 92 700 cas au total depuis le début de l’épidémie fin décembre 2019, dont plus de 3 100 décès, 77 pays et territoires touchés, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles, hier en fin d’après-midi.
La progression de l’épidémie a enfin été à l’origine de plusieurs mesures et annonces, notamment de la part d’institutions et de multinationales. L’Organisation internationale des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a par exemple décidé de fermer à la presse sa réunion prévue demain et après-demain à Vienne par mesure de prévention contre le Covid-19, a-t-elle annoncé hier dans un communiqué. Les membres de l’OPEP se réunissent pour tenter d’enrayer le plongeon des cours de l’or noir face à l’épidémie qui plombe la demande mondiale de brut, en baisse de 30 % depuis un pic début janvier. Les deux cours de référence, le Brent pour l’Europe et le WTI pour les États-Unis sont tombés brièvement dans la nuit de dimanche à lundi au plus bas depuis plus d’un an, respectivement sous 50 et 45 dollars le baril.
L’épidémie bouleverse non seulement l’activité économique, mais aussi la vie sportive et les gestes de tous les jours. Google a demandé à certains de ses employés en Irlande, ayant été en contact avec un collègue présentant des symptômes grippaux, de travailler à domicile et Twitter a « fortement » encouragé son personnel à faire de même dans le monde entier. Le Comité olympique international continue toutefois à se préparer « pour des Jeux olympiques de Tokyo-2020 réussis », a assuré son président hier, à moins de cinq mois de la cérémonie d’ouverture.
Enfin dans ce contexte, nombre de supermarchés signalent une ruée sur les pâtes, l’eau minérale ou le papier toilette. Les fabricants de masques de protection peinent à suivre une demande qui explose, l’OMS alertant hier sur le « rapide épuisement » des stocks d’équipements pour lutter contre le coronavirus.
Source : AFP

