Le chancelier autrichien Sebastian Kurz. Photo d'archives Matt Dunham/Pool via REUTERS
"C'est une attaque de la Turquie contre l'Union européenne et la Grèce. Des êtres humains sont utilisés pour faire pression sur l'Europe", a déclaré le dirigeant conservateur lors d'une conférence de presse consacrée à la situation en Syrie et à la frontière turco-grecque où sont massés des milliers de migrants souhaitant passer en Europe.
Sebastien Kurz a souhaité que les responsables européens résistent à "une action organisée sciemment par le président Erdogan" qui utilise les demandeurs d'asile "comme des armes". "Nous ne devons pas prêter le flanc aux pressions (...) Si nous cédons maintenant à la pression turque, si le président Erdogan en sort comme le vainqueur qui décide si des dizaines de milliers d'êtres humains peuvent se précipiter vers la Grèce et l'UE, alors des centaines de milliers suivront et ça en sera fini de la libre circulation en Europe", a estimé le chancelier.
Le chef de la droite autrichienne a qualifié la situation à la frontière greco-turque "d'épreuve de vérité" pour l'Europe, appelant à renforcer la protection des frontières extérieures de l'UE.
"Nous devons faire en sorte que la crise de 2015 ne puisse se répéter", a-t-il ajouté en référence à l'afflux de migrants, en provenance notamment de Syrie et d'Afghanistan, qu'avaient alors connu les pays de l'Union européenne.
Cette crise migratoire avait exacerbé les tensions entre pays de l'UE sur la politique commune de l'asile et nourri la progression des mouvements populistes et d'extrême droite dans de nombreux Etats membres, dont l'Autriche.
Ministre des Affaires étrangères du gouvernement au pouvoir à cette période, Sebastian Kurz s'était affiché en défenseur d'une ligne intransigeante sur l'accueil des réfugiés. Après avoir dirigé le pays en coalition avec le parti d'extrême droite FPÖ entre fin 2017 et mai 2019, il est revenu au pouvoir en janvier au sein d'une alliance avec les Verts qui plaident pour une approche plus humanitaire de la politique d'asile.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine