Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Photo d'archives AFP
La France a exprimé vendredi sa "solidarité" avec la Turquie après la mort de 33 soldats turcs dans la province d'Idleb en Syrie dans des raids attribués par Ankara au pouvoir de Damas, sur fond de relations franco-turques tendues en raison du conflit syrien.
"J'ai exprimé à mon homologue les condoléances et la solidarité de la France avec la Turquie à la suite de l'attaque conduite hier contre les forces turques dans le Nord-Ouest de la Syrie", a déclaré le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian dans un communiqué à l'issue d'un entretien avec Mevlut Cavusoglu.
Le ministre français des Affaires étrangères a "condamné les violations répétées par le régime syrien et la Russie de leurs engagements concernant la désescalade dans la province d'Idleb et du droit international humanitaire". Il a réitéré l'appel de la France au régime syrien et à la Russie, qui le soutient militairement, à "mettre un terme à l'offensive militaire" engagée à Idleb et à "en revenir aux arrangements de cessez-le-feu" conclus entre la Russie et la Turquie en 2018.
"La Russie doit poursuivre les négociations avec la Turquie afin d'aboutir à une désescalade à Idleb et permettre la relance du processus politique", a insisté Jean-Yves Le Drian.
La France a réitéré par ailleurs sa "détermination à mobiliser une assistance humanitaire renforcée, à titre national et avec l'Union européenne et ses États membres", a souligné le ministre.
La Turquie, qui compte déjà 3,6 millions de réfugiés syriens sur son territoire, réclame un soutien accru des Européens alors que près d'un million de déplacés se pressent de nouveau à ses frontières depuis le lancement de l'offensive du régime syrien en décembre pour reprendre le bastion rebelle d'Idleb.
Les relations entre la France et la Turquie, allié de l'Otan, sont très tendues depuis l'offensive turque d'octobre contre les Kurdes syriens, alliés de la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).
S'y sont ajoutées depuis des contentieux liés à la Libye, où Paris dénonce l'envoi de combattants syriens par Ankara, et en Méditerranée orientale où la Turquie affiche des ambitions en matière d'hydrocarbures au détriment notamment de la Grèce.


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