Photo AFP / Patrick HERTZOG
La piste criminelle est désormais clairement "privilégiée" par les enquêteurs après l'incendie fulgurant qui a fait cinq morts et sept blessés dans un immeuble de Strasbourg, dans l'est de la France, dans la nuit de mercredi à jeudi, la garde à vue de deux suspects étant prolongée.
"Une seconde expertise privilégie la piste criminelle" dans cet incendie, a déclaré à l'AFP une source proche du dossier, alors que le parquet a annoncé la prolongation de la garde à vue des deux hommes, dont une source policière avait indiqué qu'ils étaient âgés d'une cinquantaine d'années.
Dès jeudi soir, le parquet de Strasbourg avait spécifié dans un communiqué que les premières observations tendaient "à écarter l'hypothèse d'une simple défaillance électrique". "Aucun désordre électrique (n'a) été mis en évidence à ce stade" par les investigations des experts, avait fait valoir le parquet.
La procureure, Yolande Renzi, avait également confirmé que "deux individus (avaient) été interpellés à proximité des lieux et placés en garde à vue au cours de la nuit" de mercredi à jeudi, précisant qu'ils étaient entendus pour "destructions de biens par moyen dangereux pour les personnes ayant entraîné la mort".
Trois hommes et deux femmes ont péri dans l'incendie qui s'est déclenché vers 00H00 GMT jeudi dans un immeuble des années 1970 dans le quartier de la gare de Strasbourg, et sept autres personnes ont été hospitalisées en "urgence relative".
Selon la procureure, les cinq corps sans vie ont été découverts "à l'intérieur (de l'immeuble) et principalement dans la cage d'escalier" par les sapeurs-pompiers.
Parmi les sept blessés hospitalisés, dont la vie n'est pas en danger, figurait aussi une femme enceinte.
Seules traces du drame sur la façade de l'immeuble jeudi au petit matin: des traînées noires au niveau du troisième étage, autour de fenêtres grandes ouvertes.
Amadou Diallo, qui habite au septième étage avec sa femme, a raconté à l'AFP avoir entendu son voisin crier au feu dans la nuit. "J'ai ouvert la porte et vu plein de fumée, ma femme était paniquée et voulait sauter par la fenêtre".
Avec sa femme, enceinte de deux mois, ils ont réussi à gagner le toit en passant par une fenêtre et y ont attendu les pompiers quelques minutes avant d'être évacués.


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