À Najaf, une équipe médicale prend la température d’une Irakienne qui était en Iran. AFP/Haidar Hamdani
L’inquiétude grandissait hier à l’OMS qui, pour la première fois, a affirmé que la période propice pour enrayer l’épidémie due au nouveau coronavirus « se rétrécit » et s’alarme de l’absence de « lien épidémiologique clair » dans des cas apparus en dehors de la Chine.
Signe de la nervosité croissante, neuf villes du Nord de l’Italie ont fermé hier bars, écoles et autres lieux publics en raison de soupçons de contamination sur 16 personnes.
À Genève, le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a tiré la sonnette d’alarme : « Au moment où nous parlons, nous sommes encore dans une phase où il est possible de contenir l’épidémie. » Mais la « fenêtre de tir se rétrécit », a-t-il averti, en déplorant le manque de soutien financier international. L’OMS est particulièrement préoccupée par l’apparition de cas en dehors de Chine « sans lien épidémiologique clair, tels que les antécédents de voyage ou les contacts avec un cas confirmé ». « Nous voyons que la situation évolue », a souligné le Dr Sylvie Briand, directrice du département Préparation mondiale aux risques infectieux à l’OMS : « Non seulement le nombre de cas augmente mais nous voyons aussi différents modèles de transmission dans différents endroits. » L’OMS refuse pour l’instant de parler de pandémie, mais considère qu’il y a une « des épidémies différentes, montrant des phases différentes », a-t-elle expliqué. « Nous essayons de trouver un sens à toutes ces situations différentes dans le monde. »
Signe de son inquiétude, l’agence spécialisée de l’ONU a annoncé la nomination de six envoyés spéciaux, parmi lesquels David Nabarro, ancien coordonnateur de l’ONU pour Ebola lors de l’épidémie qui toucha l’Afrique de l’Ouest entre fin 2013 et 2014. Soulignant une fois de plus les mesures « sérieuses » prises par la Chine à Wuhan et Hubei pour contenir l’épidémie, le patron de l’OMS a appelé les « autres pays », sans les citer, à être également « très, très sérieux ». L’épidémie a déjà fait plus de 2 200 morts et a contaminé plus de 75 000 personnes en Chine et plus de 1 100 ailleurs dans le monde.
Si le nombre de nouveaux cas quotidiens en Chine a baissé durant quatre jours consécutifs, il est reparti à la hausse (avec au moins 889 nouveaux cas, contre 673 la veille), a annoncé hier le ministère de la Santé. La Chine a pourtant placé de facto en quarantaine plus de 50 millions de personnes dans la province du Hubei et dans son chef-lieu Wuhan, épicentre de l’épidémie.
Source : AFP


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