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Soudan du Sud: le président et le chef de la rébellion d'accord pour un gouvernement d'union

AFP
20/02/2020

Le président sud-soudanais Salva Kiir et le chef rebelle Riek Machar se sont mis d'accord jeudi pour former un gouvernement d'union nationale à la date butoir de samedi, une étape attendue de longue date et considérée comme cruciale pour mettre fin à six années de guerre civile.

"Nous sommes convenus de former le gouvernement dans deux jours, le 22 février (samedi). Nous discutons encore sur d'autres questions et j'ai confiance que nous parviendrons à une solution", a déclaré M. Machar, à l'issue d'une rencontre à Juba avec M. Kiir.

Le chef de l'État a confirmé que les deux hommes s'étaient entendus pour gouverner ensemble, après deux précédentes tentatives qui s'étaient soldées par des échecs.

C'est l'accusation d'avoir fomenté un coup d'État portée par M. Kiir, un Dinka, à l'encontre de M. Machar, son ex-vice-président, membre de l'ethnie nuer, qui est à l'origine du déclenchement de la guerre civile en décembre 2013.

Et en juillet 2016, une autre expérience de gouvernement d'union avait pris fin abruptement quand de violents combats avaient opposé les troupes de M. Machar à la garde présidentielle de M. Kiir, dans Juba.

M. Kiir a annoncé qu'il allait dissoudre jeudi le gouvernement actuel et nommer vendredi M. Machar à l'un des postes de vice-président, comme le prévoit l'accord de paix conclu en septembre 2018 à Addis Abeba.

"En tant que président, je nommerai les vice-présidents et je commencerai en nommant Riek demain matin (vendredi). Je dissoudrai le gouvernement aujourd'hui (jeudi) et un nouveau gouvernement sera formé le 22", a-t-il déclaré.

"Ce sont des changements qui amèneront la paix", a promis le chef de l'État.

"Une nouvelle ère de paix"
La formation d'un gouvernement d'union nationale était le point clé de l'accord de paix de 2018.

Les deux précédents échéances pour former ce gouvernement n'avaient pas été respectées, des désaccords persistant sur la création d'une armée nationale unifiée, le nombre d'États régionaux et les garanties portant sur la sécurité de M. Machar.

Le président Kiir a annoncé jeudi que ses hommes seraient en charge de la sécurité de la capitale, ainsi que de celle de M. Machar.

Il a appelé les quelque 190.000 personnes qui vivent toujours dans des camps placés sous protection de l'ONU dans tout le pays à en sortir, car une "nouvelle ère de paix est arrivée".

Le conflit, marqué par des atrocités à caractère ethnique, dont des meurtres et des viols, a fait en six ans plus de 380.000 morts et provoqué une crise humanitaire catastrophique.

Des experts ont mis en garde contre la formation d'une gouvernement d'union nationale sans que les problèmes en suspens aient été aplanis, estimant que cela mènerait une fois de plus au désastre.

Des soldats gouvernementaux et rebelles démobilisés ont été rassemblés dans des casernes de fortune pour ébaucher une armée nationale censée compter à terme 83.000 hommes et protéger le pays.

"Délibérément affamés"
Mais l'entraînement lui-même n'a pas encore commencé, les dizaines de millions de dollars requis n'ont pas été déboursés par le gouvernement, et des milliers de soldats sont donc cantonnés sans approvisionnement suffisant en eau et en nourriture.

La question centrale du nombre d'États régionaux n'a pas non plus été résolue. La rébellion a rejeté dimanche la proposition de M. Kiir de revenir à un système fédéral de 10 États, au lieu de 32, plus trois "zones administratives" (Ruweng, Pibor et Abyei).

M. Machar a décliné ce qui était perçu comme une concession du président, favorable jusque-là aux 32 États, car il s'oppose à la décision de faire de Ruweng, une région essentielle pour la production de pétrole, une "zone administrative".

Un rapport d'une commission des droits de l'Homme de l'ONU a mis en garde jeudi contre les défis qui attendent encore le pays, malgré la formation de ce nouveau gouvernement.

Cette commission a étudié les violations des droits humains commises entre la date de la signature de l'accord de paix et décembre 2019. Elle a incriminé "des élites prédatrices et qui ne rendent aucun compte", accusant gouvernement et rebelles d'avoir "délibérément affamé" les habitants du pays.

Le processus de paix reste entravé par le recrutement continu d'enfants soldats par les forces gouvernementales et rebelles, par des violences localisées qui ont fait des centaines de mort en 2018 et 2019, et par les violences sexuelles, a affirmé la commission.

Elle s'est aussi inquiétée de l'importante corruption, des millions de dollars de taxes publiques ayant été selon elle détournés. "La corruption a rendu plusieurs officiels extrêmement riches aux dépens de millions de civils affamés", a-t-elle noté.

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