REUTERS/Vincent Kessler
Longtemps serpent de mer de la vie politique en France, la fermeture de la doyenne des centrales nucléaires du pays, Fessenheim, près la frontière avec l'Allemagne, commencera finalement samedi.
Le réacteur numéro un de la centrale sera mis à l'arrêt à 01H30 GMT samedi, toute première étape d'un démantèlement qui se poursuivra au moins jusqu'en 2040. Le numéro deux suivra le 30 juin, selon un décret publié mercredi.
L'arrêt progressif du réacteur de 900 mégawatts à eau pressurisée commencera vendredi soir. L'évacuation des combustibles usés devrait intervenir d'ici à l'été 2023.
Ces échéances constituent la "première étape dans la stratégie énergétique de la France", ont salué dans un communiqué les services du Premier ministre Edouard Philippe.
Mise en service en 1977, Fessenheim aura connu six présidents de la République, de Valéry Giscard d'Estaing à Emmanuel Macron, en passant par François Hollande qui scella son sort en promettant sa fermeture dès 2011. Elle a aussi provoqué grèves de la faim d'opposants et manifestations innombrables.
Bâtie à la frontière entre la France et l'Allemagne, non loin de la Suisse, la centrale est devenue le symbole de tous les dangers de l'atome pour les anti-nucléaire des trois pays, qui n'ont cessé de pointer, outre le vieillissement qui compliquerait le remplacement de certaines pièces, une situation en contrebas du grand canal d'Alsace et dans une région à la sismicité avérée. Ces critiques se sont encore intensifiées après la catastrophe de Fukushima, en mars 2011 au Japon.
Mais certains dénoncent aussi l'absurdité de se priver de cette source d'énergie décarbonée alors que la France s'est fixé pour horizon la neutralité carbone en 2050.
Dans un paysage français où les centrales nucléaires assurent 70% de la production d'énergie - de loin la plus forte proportion au monde, avec le deuxième plus important parc nucléaire de la planète derrière les États-Unis - un réacteur comme ceux de Fessenheim produit en moyenne chaque mois l'équivalent de la consommation de 400.000 foyers, selon l'opérateur EDF.
Douze réacteurs supplémentaires, sur les 58 que compte la France aujourd'hui, doivent être arrêtés d'ici à 2035, sans toutefois entraîner de fermeture de centrale complète comme à Fessenheim.
"Cette centrale est grabataire, cette centrale est dangereuse, ça fait longtemps qu'elle aurait dû fermer!", souligne le président de l'association Stop Fessenheim, André Hatz.
Après l'arrêt des réacteurs, il y aura "encore plein de dangers liés à la fermeture: pendant au moins trois ans, le combustible nucléaire restera stocké dans les piscines de décontamination, qui sont non-bunkérisées et dont les toitures sont un simple toit en tôle", pointe-t-il.
Mais les élus locaux s'inquiètent, eux, des conséquences pour leur territoire de cette fermeture, jugeant l'État incapable d'assurer la transition.
La ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne a tenté de les rassurer, assurant mercredi qu'il n'y aurait aucune perte d'emploi. La centrale en génère environ 2.000.
L'arrêt progressif du réacteur de 900 mégawatts à eau pressurisée commencera vendredi soir. L'évacuation des combustibles usés devrait intervenir d'ici à l'été 2023.
Ces échéances constituent la "première étape dans la stratégie énergétique de la France", ont salué dans un communiqué les services du Premier ministre Edouard Philippe.
Mise en service en 1977, Fessenheim aura connu six...


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