X

Moyen Orient et Monde

Le bilan explose en Chine après un changement de calcul

Coronavirus
OLJ
14/02/2020

La Chine a annoncé hier plus de 15 000 contaminations supplémentaires par le coronavirus. Un bond record dû à une nouvelle définition plus large des cas d’infection, dépeignant une épidémie plus grave que rapporté jusqu’à présent.

La commission nationale (ministère) de la Santé a annoncé hier 15 152 nouveaux cas et 254 décès supplémentaires. Il s’agit, de loin, des plus fortes augmentations journalières depuis le début de la crise en décembre. Ces chiffres sont le signe d’une sous-estimation de l’ampleur de l’épidémie, qui a officiellement contaminé près de 60 000 personnes et fait 1 367 morts en Chine continentale. Mais paradoxalement, ils ne sont pas forcément synonyme d’une aggravation. Ils sont surtout dus à une nouvelle définition, plus large, des cas d’infection par les autorités sanitaires du Hubei – qui concentre l’essentiel des cas (14 840) et des morts (242) supplémentaires.

Mesure pragmatique

Dorénavant, les malades de la province « diagnostiqués cliniquement » sont aussi comptabilisés. En clair, des patients suspects ayant subi une simple radio pulmonaire pourront désormais être considérés comme des malades « confirmés ». Jusqu’à présent, un test d’acide nucléique était indispensable. De fait, le nombre de nouveaux cas journaliers confirmés à 100 % par un test poursuit sa baisse entamée il y a quatre jours : il a chuté officiellement durant cette période de 3 062 à 1 820.

Les autorités justifient la nouvelle méthode par leur volonté de faire bénéficier au plus vite les patients d’un traitement, une solution qui a reçu l’approbation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), soulignant un effort « d’adaptation ».

L’OMS a assuré en outre que l’augmentation des cas de nouveau coronavirus en Chine reflétait un changement des méthodes de recensement des personnes atteintes, pas une aggravation notable de l’épidémie. L’OMS a d’ailleurs souligné que les autorités chinoises faisaient preuve d’une gestion transparente de l’épidémie, contrastant avec celle du syndrome respiratoire aigu sévère (Sras) en 2002-2003. Mais de nombreuses voix se sont élevées à travers le monde pour critiquer Pékin, notamment après la mort d’un médecin chinois qui avait été sanctionné pour avoir sonné l’alarme à propos de l’apparition du nouveau coronavirus.

Limogés

Sous forte pression de l’opinion qui leur reprochait leur gestion de la crise, les deux chefs du Parti communiste chinois (PCC) pour la province du Hubei (centre), berceau de l’épidémie, et de Wuhan, son chef-lieu, ont été limogés. Le secrétaire du PCC dans le Hubei, Jiang Chaoliang, a été démis de ses fonctions. Il est remplacé par le maire de Shanghai, Ying Yong, réputé proche du président Xi Jinping. Le principal responsable communiste de Wuhan, Ma Guoqiang, a également été limogé. De nombreux Chinois accusaient depuis plusieurs semaines les autorités locales d’avoir tardé à réagir face aux premiers cas de la maladie.

Ailleurs en Asie, pour la première fois, une quarantaine a été édictée au Vietnam, dans une commune située près de Hanoi. Le Japon a, lui, annoncé le premier décès sur son territoire d’une personne contaminée, une octogénaire. C’est le second enregistré hors de Chine (qui concentre 99,9 % des morts du virus dans le monde) après celui d’un Chinois aux Philippines.

Un navire de croisière américain, le Westerdam, est arrivé au Cambodge où ses passagers vont enfin pouvoir débarquer. Le bateau avait erré en mer plus de 10 jours, plusieurs ports asiatiques lui interdisant d’accoster par crainte du coronavirus. D’après l’opérateur, aucun cas n’a été détecté à bord.

En revanche, au Japon, la situation est toujours tendue à bord du paquebot de luxe Diamond Princess, en quarantaine près de Yokohama (Est) : 218 personnes sont contaminées, 44 nouveaux cas ayant été annoncés hier.

La crainte d’une contamination a conduit mercredi les organisateurs du Salon mondial du mobile de Barcelone, la grand-messe annuelle de la profession, à annuler leur manifestation, prévue du 24 au 27 février.

La Fédération internationale de l’automobile (FIA) a également annoncé le report sine die du Grand Prix de Chine de formule 1, qui devait se dérouler le 19 avril à Shanghai.

Enfin, les ministres européens de la Santé ont souligné hier la nécessité de mieux se coordonner face au nouveau coronavirus et de se prémunir contre des ruptures d’approvisionnement en équipements de protection en provenance de Chine.

Source : AFP

À la une

Retour à la page "Moyen Orient et Monde"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

impression de Fifi ABOU DIB

Les démons du fatalisme

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'OLJ vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants