A Zokak el-Blatt, cette manifestante a été protégée d'un tir de grenade lacrymogène par sa pancarte. Photo Anne-Marie el-Hage
La tension est montée d'un cran lorsque des hommes du quartier de Zokak el-Blatt et de Kandak el-Ghamik ont commencé à lancer des pierres sur les manifestants à partir des toits des immeubles environnants, selon notre journaliste sur place Matthieu Karam. D'autres habitants de ces quartiers, où le mouvement Amal et le Hezbollah sont prépondérants, ont avancé vers les manifestants, qui ont également lancé des pierres en leur direction. Des insultes ont été échangées, alors que l'armée faisait usage de gaz lacrymogènes.
Une manifestante, Rana Fakhoury, a d'ailleurs évité d'être touchée par une grenade grâce à la pancarte qu'elle pancarte. "La décision nous revient", est-il écrit sur la pancarte, avec le hashtag "Pas de confiance". Les manifestants sont mobilisés dans le centre-ville de Beyrouth pour dénoncer le vote de la confiance au cabinet Diab, qui doit débuter vers 11h au Parlement.
Plusieurs députés ont profité du chaos, notamment lorsque des partisans d'Amal ont lancé des pierres en direction des manifestants, pour se faufiler vers le parlement. "Les voyous d'Amal nous attaquent et l'armée nous a abandonnés", criait un manifestant en colère. "Nabih Berry est un voleur!", répétaient les manifestants, un slogan qui suscite depuis le début de la contestation la colère des partisans du mouvement de M. Berry. Un vieil homme, Jamal Dennaoui, a été frappé par les gens de Khandak el-Ghamik et a été emmené par la Croix-Rouge.
Certains manifestants, dont de nombreuses femmes, se sont assis à même le sol pour tenter de bloquer la rue, et les militaires les repoussaient par la force, selon nos journalistes sur place.
Du côté de l'immeuble d'Al Nahar, l'armée lançait des gaz lacrymogènes et des jets d'eau pour tenter de dissuader les quelques manifestants qui tentaient de franchir les blocs de béton. Des journalistes n'ont pas échappé aux violences.


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