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Liban

Le bac français option internationale veut se faire une place au Liban

Éducation

Le multilinguisme à l’école est la planche de salut du français, affirme Bernard Manuel, expert en la matière, lors d’une conférence à l’Institut français.

06/02/2020

« Le seul moyen de sauver et de développer l’enseignement français à l’étranger est d’y ajouter l’anglais. » Les déclarations de Bernard Manuel, spécialiste du bilinguisme, voire du trilinguisme, de passage au Liban, interpellent à l’heure où l’enseignement français au pays du Cèdre accuse une baisse drastique de fréquentation, avec seulement la moitié des élèves qui poursuivent leur scolarité dans le réseau des écoles francophones, contre 70 % il y a 20 ans. Président de l’École Jeannine Manuel et de la fondation du même nom qui constitue l’une des références en France en matière d’enseignement bilingue, français et anglais, M. Manuel est allé à la rencontre de chefs d’établissement libanais. Il a aussi donné une conférence, lundi soir, à l’Institut français, intitulée « L’enseignement plurilingue, pourquoi? Comment? » Un événement qui a vu la présence notamment du représentant du chef de l’État pour les affaires de la francophonie, Khalil Karam, de la représentante au Liban de la Mission laïque française, Andrée Daouk, de la directrice de l’Institut français, Véronique Aulagnon, de la directrice générale de l’école Jeannine Manuel, Élisabeth Zeboulon, et d’un parterre d’éducateurs.


Seulement trois sections franco-arabes au Liban
Au-delà de ce sujet d’intérêt pour une société libanaise qui tire fierté de son trilinguisme, même imparfait, la visite libanaise de Bernard Manuel semble axée sur la recherche d’alternatives au désintérêt grandissant pour l’enseignement exclusivement français. Ces alternatives pourraient passer par le développement au Liban de l’Option internationale du baccalauréat français (OIB), diplôme d’excellence du bac français, équivalent et à la fois concurrent du baccalauréat international (IB). Avec ses 17 sections internationales, « il concerne pour l’instant uniquement 1 % des bacheliers du système français de par le monde, soit 3 500 élèves en 2019 », contre 355 000 bacheliers généraux. Il repose, outre les disciplines communes et de spécialité, « sur la maîtrise parfaite du français et d’une autre langue ».

L’OIB n’en est pour l’instant qu’à ses balbutiements au Liban, avec seulement trois sections franco-arabes au Grand Lycée franco-libanais de Beyrouth, au Collège protestant français et au Lycée franco-libanais de Verdun. « Mais l’avenir de la francophonie scolaire réside dans le fait que ses élèves apprennent l’anglais au moins aussi bien que le français, qu’ils s’expriment parfaitement dans les deux langues, avec finesse et précision, à l’écrit comme à l’oral », souligne M. Manuel. Il observe à ce propos que « l’accès au monde du XXIe siècle est très difficile sans une excellente maîtrise de l’anglais », vu la mobilité internationale et le désir croissant des élèves d’accéder aux universités anglophones. Et rappelle en même temps que l’université anglo-saxonne n’a plus l’exclusivité de l’enseignement en anglais. « Même en Europe continentale, les cursus universitaires anglophones se développent partout », constate l’expert, faisant état, interrogé par L’Orient-Le Jour, d’une « demande en augmentation constante, les parents d’élèves réclamant désormais un enseignement anglais de haute qualité ».

Malgré la baisse des effectifs scolaires, l’enseignement francophone au Liban demeure le plus grand réseau francophone dans le monde. C’est dire le vivier qu’il représente pour le baccalauréat français section internationale, garant de la préservation de la langue française, aux côtés de l’anglais. « Le bilinguisme français-anglais a pour ambition que chaque langue soit une langue première. Il permet d’enrichir les perspectives, de promouvoir la compréhension internationale et le partage des cultures », conclut M. Manuel, tout en précisant que dans un Liban trilingue, « la planche de salut du français est le multilinguisme ». Le défi pourrait fort intéresser les Libanais à la recherche d’excellence. Inversera-t-il pour autant la tendance ?



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Chucri Abboud

La mode est a l'anglais , sur tous les réseaux sociaux, et c'est cela qu'on doit d'abord rejeter en résistant , et en se promettant comme je le fais , de n'utiliser aucun mot anglais ni sur whatsapp, ni sur Facebook, ni sur mes emails, ni sur instagram etc ....
Pour résister il faut être d'abord cultivé .

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