Des enfants palestiniens de la bande de Gaza manifestent contre le plan de paix de Donald Trump. Saïd Khatib/AFP
Après avoir déclaré durant le week-end la rupture de la coordination sécuritaire avec Israël, le président palestinien Mahmoud Abbas a atténué hier sa position, affirmant qu’il s’agissait là d’une « option » et non d’une mesure déjà mise en œuvre par les Palestiniens.
Le plan du président Donald
Trump pour un règlement du conflit israélo-palestinien dévoilé la semaine dernière a été fustigé par les Palestiniens, qui accusent Washington d’avoir accouché d’un projet trop favorable à l’État hébreu.
Tentant de rallier des soutiens arabes à sa cause, Mahmoud Abbas avait déclaré samedi avoir rompu « tout » lien avec Israël, incluant la coordination sécuritaire, et les États-Unis, lors d’une allocution au siège de la Ligue arabe au Caire. Mais hier, il a indiqué qu’il n’avait pas coupé les liens avec les deux États, mais qu’il pourrait le faire. « Si les Américains continuent avec ce projet, le boycott est (une option), un boycott complet », a-t-il déclaré dans une réunion de son cabinet à Ramallah.
Après la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale de l’État hébreu en 2017, l’Autorité palestinienne avait déjà rompu ses liens politiques avec l’administration Trump. « Il reste une chaîne et cette chaîne doit être coupée », a ajouté Mahmoud Abbas, en référence à la coordination sécuritaire.
Ce n’est pas la première fois que l’Autorité palestinienne utilise la menace d’une rupture de la coordination sécuritaire avec Israël pour s’opposer à des décisions politiques. Mais elle n’a toutefois jamais mis cette menace à exécution.
Le plan de paix américain promet à Israël la souveraineté totale de Jérusalem et d’une grande partie de la Cisjordanie occupée par l’État hébreu depuis 1967, dont la vallée du Jourdain, vaste plaine qui deviendrait ainsi la nouvelle frontière orientale de l’État hébreu. Le projet prévoit aussi la création d’un État palestinien démilitarisé en Cisjordanie amputée et dans la bande de Gaza.
Hier encore, l’Organisation de la coopération islamique (OCI) a « rejeté » le plan du président américain, selon cet organisme panislamique, à l’issue d’une réunion extraordinaire à Djeddah, en Arabie saoudite. « Ce plan américano-israélien (...) ne répond pas aux aspirations minimales et aux droits légitimes du peuple palestinien », a estimé un communiqué de l’OCI qui compte 57 membres dont l’Arabie saoudite, l’Iran et la Turquie et représente « plus de 1,5 milliard de musulmans à travers le monde ». L’OCI a insisté sur « le droit de l’État de Palestine à la souveraineté sur toutes les terres palestiniennes occupées en 1967, y compris Jérusalem-Est », et sur « son ferme engagement en faveur de la solution à deux États ». L’organisation
panislamique a aussi appelé ses membres à « ne pas coopérer de quelque manière que ce soit avec les efforts de l’administration américaine pour faire appliquer » le plan. Parmi les membres de l’OCI figurent d’importants alliés arabes des États-Unis, notamment les pays du Golfe comme l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar, qui n’ont pas directement attaqué le plan américain, contrairement à l’Iran et la Turquie.
En outre, les États-Unis ont demandé une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l’ONU jeudi pour une présentation par le gendre et conseiller de Donald Trump, Jared Kushner, du plan de paix américain, a appris hier l’AFP de sources diplomatiques. Elle vise pour Washington à exposer ce plan américain et à entendre les positions des 14 autres États membres du Conseil, ont précisé les mêmes sources.
Source : AFP

