Le Premier ministre libanais sortant, Saad Hariri. Aziz Taher/Photo d’archives Reuters
Le Premier ministre libanais sortant, Saad Hariri, a affirmé dimanche que pour "calmer la tempête populaire" les responsables politiques doivent "arrêter de perdre leur temps et former un gouvernement", alors que de violents affrontements ont opposé la veille au soir les forces de l'ordre aux manifestants qui réclament un cabinet indépendant des formations politiques.
"Nous avons craint pour Beyrouth, mais comme d'habitude elle a pansé les blessures de ses habitants, qu'ils soient des forces de sécurité ou des manifestants et elle a balayé toutes les traces de la colère, des émeutes et de la fumée des incendies", a écrit M. Hariri sur son compte Twitter. "Il existe un moyen d'apaiser la tempête populaire : Arrêtez de perdre votre temps, formez un cabinet et ouvrez la porte à des solutions politiques et économiques", a-t-il ajouté, s'adressant aux parties en charge de la formation du gouvernement. "Le face-à-face entre manifestants et forces de l'ordre n'apportera pas de solution", a encore écrit le Premier ministre démissionnaire.
Il s'est par ailleurs adressé aux habitants de Tripoli, au Liban-Nord, alors que certains médias ont accusé hier des jeunes tripolitains d'avoir été impliqués dans des actes de vandalisme à Beyrouth. "Je sais que vous avez à coeur de défendre le caractère pacifique des manifestations populaires", a-t-il indiqué.
Samedi, alors que les manifestations avaient commencé dans le calme avec plusieurs marches prévues dans la capitale libanaise, la situation a totalement dérapé en fin d'après-midi dans le centre-ville où des heurts violents ont fait des centaines de blessés. Toute la soirée, les rues du centre se sont transformées en champ de bataille où manifestants et forces de l'ordre échangeaient jets de pierres, feux d'artifice et tirs de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc.


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