Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï. Photo d'archives Ani
Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a estimé dimanche que les responsables politiques "qui entravent la formation du gouvernement que réclame le peuple" sont responsables des incidents "honteux" qui ont eu lieu tout au long de cette semaine et qui ont culminé avec les affrontements de samedi soir entre manifestants et forces de l'ordre.
"Vous, qui entravez la formation du gouvernement que réclament le peuple et le Premier ministre désigné, Hassane Diab, vous portez la responsabilité du fait que la révolte des jeunes, qui est civilisée, doit faire face à des révolutionnaires armés de bâtons et de pierres", a déclaré le patriarche Raï lors de la messe dominicale à Bkerké. "Vous assumez la responsabilité de ce qu'il s'est passé mercredi soir à Hamra et hier à Beyrouth, a-t-il souligné. Nous condamnons fermement ces incidents parce qu'ils ne correspondent pas aux valeurs et habitudes libanaises", a ajouté le patriarche, qui a appelé les dirigeants à "ne pas mépriser la révolution", et les forces de l'ordre et l'armée à "empêcher tout affrontement entre citoyens".
Samedi, alors que les manifestations avaient commencé dans le calme avec plusieurs marches prévues dans la capitale libanaise, la situation a totalement dérapé, en fin d'après-midi dans le centre-ville, où des heurts violents ont fait des centaines de blessés. Toute la soirée, les rues du centre se sont transformées en champ de bataille où manifestants et forces de l'ordre échangeaient jets de pierres, feux d'artifice et tirs de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc. Un calme précaire était revenu dans la soirée, vers 21h30, après une journée considérée par de nombreux observateurs comme la plus violente depuis le début du mouvement de contestation contre la classe dirigeante, il y a plus de trois mois.
Mercredi soir, alors que des centaines de personnes étaient mobilisées devant la caserne Hélou, à Beyrouth, où étaient détenus des manifestants arrêtés la veille, des échauffourées avaient à nouveau opposé les contestataires aux policiers et plusieurs personnes, dont des journalistes, avaient été blessées par des agents des FSI.


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