L'ex-prêtre français Bernard Preynat à Lyon, en France, le 13 janvier 2020. REUTERS/Emmanuel Foudrot
"On n'est pas obligé de me croire", a répondu jeudi l'ex-prêtre français Bernard Preynat, jugé pour abus sexuels, en réponse à des avocats sceptiques sur les agressions qu'il dit avoir lui-même subies dans son enfance.
A la reprise des débats, la présidente du tribunal de Lyon (centre-est) a interrogé le prévenu sur ses confidences faites la veille à la barre, et Bernard Preynat a raconté dans le détail avoir été abusé par un sacristain, un moniteur de colonie devenu prêtre puis des enseignants au séminaire.
L'un d'eux avait ainsi "la manie de (lui) laver le sexe avec un gant de toilette" ou un mouchoir.
"Je n'ai pas été le seul, il y a beaucoup d'autres enfants qui ont été ses victimes, on le savait mais on n'en parlait pas (...) il n'avait pas très bonne réputation, on l'appelait +le monkey+", affirme le prévenu.
D'autres gestes qu'il dit avoir subis ressemblent beaucoup à ceux qu'on lui reproche.
"C'était dans la sacristie, j'avais une dizaine d'années, quand les enfants de choeur se préparaient, le sacristain est venu, il m'a appuyé sur le sexe en disant: +qu'est-ce qu'il y a là ?+", relate-t-il.
"Vous ne faites pas de lien ? (...) Force est de constater que vous reproduisez exactement les mêmes gestes", lui demande alors la présidente. "Non, je ne fais pas de lien", répond Preynat.
"On peut avoir des doutes sur la réalité de tout ça", lance Me Yves Sauvayre, l'avocat d'une des victimes de Preynat, après ce récit.
"C'est exactement ce que je pensais, c'est pour ça que je ne voulais pas en parler, je pensais que ça ne serait pas bon", enchaîne Preynat. "Ce que je dis, c'est vrai, je n'ai rien inventé, après on n'est pas obligé de me croire."
"Mais je n'ai pas inventé ces agressions pour m'excuser devant le tribunal", ajoute le prévenu tandis qu'une autre avocate se montre sceptique.
Preynat, qui reconnaît la plupart des faits, est poursuivi pour des agressions pédophiles commises voici plusieurs décennies, entre 1971 et 1991. Ces agissements ont été passés sous silence par l'Église de France, provoquant la condamnation du cardinal Barbarin en mars 2019.
L'un d'eux avait ainsi "la manie de (lui) laver le sexe avec un gant de toilette" ou un mouchoir.
"Je n'ai pas été le seul, il y a beaucoup d'autres enfants qui ont été ses victimes, on le savait mais on n'en parlait pas (...) il n'avait pas très bonne réputation, on l'appelait +le monkey+", affirme le...


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