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France : mobilisation en baisse dans les manifestations contre la réforme des retraites

Manifestation le 16 janvier 2020 à Toulouse contre la réforme des retraites. AFP / Pascal PAVANI

Après six semaines de conflit, les syndicats opposés à la réforme des retraites ont réuni des dizaines de milliers de manifestants jeudi en France, affichant leur "détermination", malgré une mobilisation en baisse.

Selon le ministère de l'Intérieur, 187.000 personnes ont manifesté jeudi en France, dont 23.000 à Paris, après 149.000 samedi dernier et 452.000 le 9 janvier de même source.

Dans la capitale, ils étaient 28.000 selon le comptage réalisé par le cabinet Occurrence pour un collectif de médias, dont l'AFP (44.000 le 9 janvier) et 250.000 selon le syndicat CGT (370.000 le 9 janvier). La préfecture de police a annoncé avoir procédé à onze interpellations.

Pour la sixième fois depuis le 5 décembre, l'intersyndicale appelait à "une journée de mobilisation interprofessionnelle massive, de grèves et de manifestations". Des cortèges ont défilé dans toute la France, comme à Marseille (Sud-Est), Toulouse (Sud-Ouest) ou Saint-Nazaire (Ouest).

Les manifestants ont défilé derrière une banderole "Retraites à points: tous perdants, retraite à 60 ans: tous gagnants!". On y trouvait en grande majorité des enseignants, malgré des taux de grévistes en baisse dans l'Éducation nationale (moins de 7%), mais aussi des avocats en robe, des cheminots, des agents de la RATP (transports parisiens) ou des étudiants.

Clarisse Delalondre, déléguée du syndicat CGT Energie pointe les "43 jours de grève dans les pattes" mais estime qu'"il faut continuer la grève, la développer même". "On ne peut pas se laisser faire, ce sont nos acquis !" ajoute-t-elle.

"La détermination est toujours aussi grande", a assuré le secrétaire général du syndicat CGT, en pointe dans ce mouvement, Philippe Martinez, selon lequel "il n'est jamais trop tard pour faire céder un gouvernement".

Après plusieurs rassemblements en retrait par rapport aux 805.000 manifestants comptabilisés le 5 décembre par le ministère de l'Intérieur, l'enjeu pour l'intersyndicale est de retrouver une mobilisation suffisante pour maintenir la pression contre cette réforme-phare du président Emmanuel Macron, qui avait promis durant sa campagne de "transformer" la France.

Mais les premiers chiffres des manifestations dans les régions montraient plutôt une décrue: hors Paris, environ 82.000 personnes avaient défilé à 18H00 (17h00 GMT), selon un comptage de l'AFP réalisé à partir des chiffres fournis par la police ou les préfectures.


"Leurre"

Le gouvernement veut aligner la France sur la plupart des autres pays en instaurant un système "universel" de retraite et, donc, supprimer les régimes spéciaux qui permettent notamment aux cheminots de partir plus tôt, mais également assurer l'équilibre financier à long terme du système en incitant les Français à travailler plus longtemps, point sur lequel se cristallise l'opposition.

La situation s'améliore petit à petit dans les transports publics, fer de lance de la mobilisation qui a déjà coûté "pas loin du milliard d'euros" aux chemins de fer (SNCF).

Vendredi le trafic des trains devrait être quasi normal. Mais à Paris, deux métros sur trois circuleront en heure de pointe et seules trois lignes fonctionneront normalement.

"Quatre raffineries sur sept connaissent des difficultés temporaires dans leurs expéditions", de même que "deux dépôts de carburant sur environ 200", et la situation reste "quasi-normale" dans les stations-service, selon le ministère de la Transition écologique et solidaire.

La CGT a aussi lancé dans la bataille les dockers avec une opération "ports morts" dans les sept grands ports maritimes français.

Si la mobilisation baisse, elle reste en tout cas soutenue majoritairement par l'opinion publique, selon des sondages.

L'exécutif a pourtant répondu à la demande des syndicats réformistes (CFDT, Unsa et CFTC) en acceptant de supprimer l'instauration progressive d'un système de bonus-malus qui incite fortement à partir à 64 ans, et non 62 ans, âge légal. Le Premier ministre a retiré "provisoirement" cette mesure en échange de la mise en place d'une "conférence de financement" chargée d'ici à fin avril de trouver les moyens de garantir l'équilibre financier du système en 2027.

Si la mobilisation baisse, elle reste en tout cas soutenue majoritairement par l'opinion publique, selon plusieurs sondages.

Et l'intersyndicale a déjà appelé à de nouvelles actions et manifestations la semaine prochaine, avec une 7e journée d'actions nationale en point d'orgue, vendredi 24 janvier, à l'occasion de l'examen du projet de loi retraites en conseil des ministres.

Le futur système universel de retraite "suscite beaucoup d'interrogations", a reconnu jeudi soir sur BFMTV Laurent Berger, le leader de la CFDT, premier syndicat français.

Il faut sortir des ambiguïtés, des imprécisions", dire "plus exactement" ce qu'est ce système, davantage "expliquer les transitions" et préciser "comment se finance cette réforme", a-t-il ajouté.

Après six semaines de conflit, les syndicats opposés à la réforme des retraites ont réuni des dizaines de milliers de manifestants jeudi en France, affichant leur "détermination", malgré une mobilisation en baisse.Selon le ministère de l'Intérieur, 187.000 personnes ont manifesté jeudi en France, dont 23.000 à Paris, après 149.000 samedi dernier et 452.000 le 9 janvier de même source.Dans la capitale, ils étaient 28.000 selon le comptage réalisé par le cabinet Occurrence pour un collectif de médias, dont l'AFP (44.000 le 9 janvier) et 250.000 selon le syndicat CGT (370.000 le 9 janvier). La préfecture de police a annoncé avoir procédé à onze interpellations.Pour la sixième fois depuis le 5 décembre, l'intersyndicale appelait à "une journée de mobilisation interprofessionnelle massive, de grèves et de...