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De trente ans à la perpétuité requis contre les absents au procès des "fantômes" du jihad

AFP
15/01/2020

De trente ans de prison à la perpétuité pour les absents et jusqu'à 15 ans contre les présents: l'accusation a requis mercredi à Paris de lourdes peines à l'encontre de 24 personnes, dont 19 sont parties en 2014-2015 en Irak ou en Syrie où elles sont mortes au nom du "califat".

L'avocat général a demandé la peine maximale contre Mohamed Belhoucine, "figure tutélaire" dans cette affaire, déjà condamné pour sa participation à une filière jihadiste et considéré comme le mentor d'Amédy Coulibaly, le tueur de l'Hyper Cacher: "Il encourt et mérite la perpétuité", a affirmé Benjamin Chambre.

Il a requis 30 ans contre les autres "fantômes" de ce dossier, parmi lesquels le jeune converti Quentin Roy, donné pour mort dans une opération suicide.

"Aujourd'hui, c'est le procès d'absents que l'on fait: l'objet de la peine est surtout une mesure de sûreté, pour sanctionner l'engagement jihadiste d'individus qui n'ont jamais renoncé" et se prémunir contre leur éventuel retour, a-t-il expliqué, relevant que leur mort, annoncée à leurs proches par des émissaires de l'organisation Etat islamique, ne pouvait être prise en compte par la justice française.

Contre les cinq accusés physiquement présents, l'avocat général a fait une distinction nette entre ceux ayant eu un "rôle central" dans la filière d'acheminement (Iliès Benadour) ou n'ayant montré "aucun désengagement de l'idéologie jihadiste" (Yacine Bouhil), réclamant 15 ans de réclusion criminelle contre eux, et les autres, pour lesquels des peines comprises entre 4 ans de sursis et 8 ans fermes ont été demandées.

Français, Marocain, Mauritanien ou Algérien, ils avaient entre 20 et 30 ans quand ils ont quitté la France, juste avant ou après les attentats de janvier 2015 contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et le magasin Hyper Cacher.

Convertis à l'islam radical dans une mosquée clandestine ou auprès de mentors, séduits par la propagande jihadiste, ils ont pour certains été portés par une dynamique de groupe renforcée par la proclamation du "califat" en juin 2014.

Deux groupes se distinguent: celui des "copains" de Seine-Saint-Denis, qui se connaissent tous, ont fréquenté ensemble la mosquée des radars de Sevran où ils se sont radicalisés notamment au contact du charismatique Sofiane Nairy, ex-enseignant et éphémère imam à Sevran.

L'avocat général a désigné dans le box un homme comme "le personnage essentiel" de cette filière: Iliès Benadour, qui a reconnu à la barre avoir "coordonné" les départs en Syrie de ses copains, est décrit comme la cheville ouvrière de la filière en France et le "relais" de Sofiane Nairy, qui prenait en charge les volontaires à leur arrivée sur zone.

Le second groupe constitue ce que les enquêteurs ont appelé la "filière Belhoucine", du nom de deux frères, personnages emblématiques de la galaxie jihadiste francophone.

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