Rechercher
Rechercher

Dernières Infos

"On aurait pu m'aider": un ex-prêtre français évoque à son procès la responsabilité de l'Eglise

L'ex-prêtre français Bernard Preynat. REUTERS/Emmanuel Foudrot

L'ex-prêtre français Bernard Preynat, jugé en France pour de multiples agressions sexuelles sur de jeunes scouts il y a plus de 30 ans, a pointé mercredi la responsabilité de sa hiérarchie, qui, plusieurs fois alertée sur ses pulsions, n'a pas exigé qu'il se fasse soigner.

"Déjà à 14 ans, au petit séminaire, je savais déjà (que j'étais attiré par les petits garçons). On m'a dit +tu es un malade+, mais on s'est débarrassé de moi. On m'a envoyé dans un autre séminaire", raconte Bernard Preynat, 74 ans, à la barre pour cette deuxième journée d'un procès à Lyon (centre-est) à l'issue duquel il encourt jusqu'à 10 ans de prison.

L'ancien curé de Sainte-Foy-les-Lyon (banlieue de Lyon) explique que ses penchants n'ont pas empêché son ordination en 1971.

"On aurait dû m'aider... On m'a laissé devenir prêtre", a-t-il déclaré mercredi, soulignant qu'il avait suivi une thérapie à l'hôpital psychiatrique du Vinatier, près de Lyon, en 1967 et 1968.

Au fil des années, il a expliqué pendant la confession avoir bien présenté "comme un péché" certains de ses actes et pulsions. Mais "le prêtre me donnait des encouragements pour que je ne recommence pas, et l'absolution".

"On m'a parlé plusieurs fois de maladie sans me donner de chemin pour en sortir", résume-t-il, tout en prenant soin de tempérer: "je n'accuse pas l'Eglise; je ne m'en sers pas comme excuse".

Après sa mise en examen en 2016, il dit ne pas avoir "eu l'idée de (s)'engager à nouveau dans une thérapie". Il assure avoir cessé ses abus au début des années 1990, par sa simple volonté, après une promesse faite au cardinal Albert Decourtray.

Dix parties civiles, sur 35 victimes entendues pendant l'enquête en France, sont constituées au procès, beaucoup de faits étant notamment frappés de prescription.

Les agressions de l'ex-curé, expulsé de l'Eglise au terme de son procès canonique l'été dernier, sont à l'origine de la condamnation du cardinal Philippe Barbarin, en mars 2019, à six mois de prison avec sursis pour ses silences autour des actes de Preynat.

L'ex-prêtre français Bernard Preynat, jugé en France pour de multiples agressions sexuelles sur de jeunes scouts il y a plus de 30 ans, a pointé mercredi la responsabilité de sa hiérarchie, qui, plusieurs fois alertée sur ses pulsions, n'a pas exigé qu'il se fasse soigner. "Déjà à 14 ans, au petit séminaire, je savais déjà (que j'étais attiré par les petits garçons). On m'a dit +tu es un malade+, mais on s'est débarrassé de moi. On m'a envoyé dans un autre séminaire", raconte Bernard Preynat, 74 ans, à la barre pour cette deuxième journée d'un procès à Lyon (centre-est) à l'issue duquel il encourt jusqu'à 10 ans de prison. L'ancien curé de Sainte-Foy-les-Lyon (banlieue de Lyon) explique que ses penchants n'ont pas empêché son ordination en 1971. "On aurait dû m'aider... On m'a laissé devenir...