Le chef du Parlement, Nabih Berry (à droite sur la photo), recevant l'émissaire de l'ONU à Beyrouth, Jan Kubis, à Aïn el-Tiné, le 15 janvier 2020. Photo Ani
L'émissaire de l'ONU à Beyrouth, Jan Kubis, a affirmé mercredi avoir remis au chef du Parlement libanais, Nabih Berry, une missive du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, concernant "l'importance de former le plus rapidement possible un gouvernement" au Liban. Cette injonction de l'ONU intervient alors que le Premier ministre désigné, Hassane Diab, tente depuis plus de trois semaines de former un cabinet et que le pays est en affaires courantes depuis fin octobre.
"J'ai transmis une missive du secrétaire générale de l'ONU concernant l'importance de former un cabinet le plus rapidement possible", a annoncé M. Kubis à l'issue d'une réunion avec M. Berry. "Nous attendons de voir si le gouvernement sera réellement formé dans la semaine à venir", a-t-il déclaré. Le haut-diplomate a encore estimé que "le Liban est un pays de miracles, où j'apprends tous les jours que rien n'est jamais gratuit".
Il a par ailleurs défendu son soutien, dans un tweet publié plus tôt dans la journée, au gouverneur de la Banque centrale du Liban, Riad Salamé, figure particulièrement conspuée par les contestataires mobilisés depuis plus de 90 jours. "Il est le seul qui travaille pour trouver une solution à la crise actuelle, alors que les responsables politiques ne font rien du tout" à cet égard, a-t-il déclaré.
Peu après sa réunion avec M. Berry, Jan Kubis est encore revenu sur les violences ayant opposé, dans la nuit de mardi à mercredi, des contestataires aux forces de l'ordre dans les rues du quartier de Hamra, à Beyrouth. "Le vandalisme ne peut pas être un moyen approprié pour les manifestants d'exprimer leur colère et leur désespoir légitimes", a-t-il écrit sur Twitter. "Faites attention aux manipulations politiques et aux personnes infiltrées qui tentent de détourner les manifestations légitimes et de provoquer les forces de sécurité, qui sont également une composante du peuple libanais", a-t-il ajouté.
Mardi soir, la rue de Hamra s'était transformée en véritable champ de bataille, lorsque la brigade antiémeute avait tenté de disperser des jeunes qui vandalisaient les façades de plusieurs banques de ce quartier. Les deux parties s'étaient alors opposées à coups de jets de pierres, de gaz lacrymogène et de feux d'artifice, faisant de nombreux blessés.


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