Les critiques dévastatrices des grands cinéastes Martin Scorsese, Francis Ford Coppola et Ken Loach à l’égard des films de superhéros sont on ne peut plus pertinentes. Elles auraient dû normalement émaner des professionnels payés pour décortiquer les films, mais non.
Pour le réalisateur de Casino, ces films tiendraient davantage du parc d’attraction que du cinéma. Il a déclaré : « Je ne les regarde pas. J’ai essayé, vous savez. Mais ce n’est pas du cinéma. Honnêtement, la chose dont ils se rapprochent le plus, aussi bien faite soit-elle, avec des acteurs faisant le meilleur au vu des circonstances, ce sont des parcs d’attraction. Ce n’est pas du cinéma dans lequel des êtres humains tentent de transmettre des émotions, des expériences psychologiques à d’autres êtres humains. »
Le réalisateur de la trilogie du Parrain a donné pleinement raison à Scorsese : « On s’attend à ce que le cinéma nous apporte quelque chose, un éclaircissement, une connaissance, une inspiration. Je ne pense pas que qui que ce soit retire quelque chose du fait de voir toujours le même film. Martin a été gentil quand il a dit que ce n’était pas du cinéma. Il n’a pas dit que c’était méprisable ; c’est ce que je dis. »
À l’instar de ses deux collègues, le réalisateur de Black Jack n’a pas mis non plus de gants blancs : « Ils sont produits comme une marchandise, à l’image des hamburgers, et n’ont rien à communiquer, ni aucune imagination à partager. Il s’agit de fabriquer un produit qui fera un profit pour une grosse compagnie. C’est un exercice cynique. C’est lié au marché et cela n’a rien à voir avec le cinéma. » William Blake a dit : « Quand il est question d’argent, l’art est impossible. »
Ces trois cinéastes ont toutes les difficultés du monde à réunir le financement nécessaire pour réaliser des films de qualité, alors que les grands studios dépensent des milliards pour produire à la chaîne, comme des Ford modèle T, des films de superhéros, avec leur orgie d’effets spéciaux. Qu’ils soient si populaires auprès des adultes de nos sociétés dites évoluées nous en dit long sur les carences d’ordre éducationnel qui les affligent. La critique cinématographique doit prendre sa part de responsabilités, elle qui ne veut surtout pas s’aliéner de nombreux lecteurs ou auditeurs accros à ces « parcs d’attraction » sur grand écran.
Montréal-Québec
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