17 octobre 2019, rien ne va plus. Où est passé l’avenir ? s’interroge une masse de Libanais qui défile, depuis, toutes confessions confondues, au nom de la faim, des réformes et de la dilapidation de l’argent public. Puis, au fil des jours, déferlera une supermasse de jeunes étudiants. La question est toujours aussi brûlante d’actualité. Tout le monde porte son regard sur l’avenir, qu’aperçoit-on ? Du point de vue universel, une planète dégradée par les effets du changement climatique, une biodiversité en déclin rapide (on annonce la disparition progressive des oiseaux) – le projet de la vallée de Bisri au Sud n’est qu’un exemple –, des intelligences artificielles qui risquent de remplacer les humains, et à l’intérieur, le spectre de la chute économique du pays toujours plus inéluctable, un Liban qui, au lieu de se démocratiser, devient plus autoritaire, une milice au sein de l’État dont on ne voit plus la fin et un accroissement sans précédent de Libanais qui fuient leur pays. Bref, la foi dans le progrès a largement cédé la place au scepticisme, sinon à la peur...
Face à cette crise, comment s’en sortir ? Avant de répondre à cette question, il faudra avouer qu’en 2019, dans une société où 68 % d’une certaine tranche d’âge accède au baccalauréat, une nouvelle révolution du savoir se fait jour : celle d’internet. Chaque jour, les outils numériques prennent un peu plus possession de nos vies. Avoir 20 ans en 2019, c’est naviguer avec agilité au milieu d’applications, de codes, d’interfaces et de réseaux dans lesquels les générations qui précèdent ne sont pas toujours très à l’aise. Le fait nouveau réside dans l’attitude des parents qui ont compris que nul n’entrait dans l’avenir sans un minimum de bagage numérique.
Cette situation confère aux plus jeunes un privilège : ils détiennent un étonnant pouvoir qui renverse la relation hiérarchique traditionnelle. Pour la première fois, les enfants initient leurs propres parents aux outils du futur ! Depuis trente ans, les jeunes se révoltaient contre leurs parents pour s’en émanciper. Aujourd’hui, les parents consultent leurs enfants pour ne pas être dépassés par la vague de fond numérique qui promet de tout renverser sur son passage.
Donc il est grand temps de changer l’avenir en permettant cette fois la mise en place d’un gouvernement formé de jeunes cadres en s’abstenant de désigner, à titre d’exemple, un médecin comme ministre de la Défense et surtout en balayant tout ce vieux monde tribal et confessionnel sur son passage. Enfin, il est devenu vital d’édifier au plus vite un État de droit où les juges seraient libres et non soumis pour prononcer leurs verdicts aux politiciens. Il est devenu tout aussi important d’avoir recours à l’informatique pour rédiger des rapports sans recourir à ces dossiers en papier qui finissent par s’user et disparaître. Il faut aussi oser, pour une fois, mettre en prison un responsable corrompu.
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