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Auto

Koenigsegg, des bolides suédois qui défient les supercars latines...

Reportage
OLJ
11/01/2020

Des monstres de luxe et de puissance « made in Sweden » à trois millions d’euros : le constructeur automobile Koenigsegg pousse le design et la performance de ses supercars depuis un quart de siècle sur un marché de niche jusqu’alors réservé aux supercars latines.

Avec Saab et Volvo, la Suède a offert au XXe siècle des berlines à l’architecture austère de temple luthérien qui se sont imposées comme la référence en matière de sécurité et de… sobriété routière. Mais dans les ateliers de Koenigsegg à Ängelholm, bourgade méridionale de bord de mer, on lâche les chevaux : des ouvriers d’élite recrutés dans le monde entier taillent des diamants fuselés et motorisés comme des avions de combat, vendus au prix de l’or. « Quand j’ai démarré (...), je me suis dit pourquoi quelqu’un achèterait une de mes voitures, c’est une marque inconnue, par un inconnu, d’un pays pas réputé pour ses voitures de sport, explique le fondateur de la marque, Christian von Koenigsegg. Alors, je me suis dit qu’elles devaient vraiment se démarquer (...), sinon je n’avais pas de raison d’être sur le marché. »

Si les Bugatti et Pagani vont vite, il faut aller plus vite encore, repousser les limites des voitures de série sur route, compenser le déficit de notoriété par la performance. Aussi, en 2002, soit huit ans seulement après les premiers tours de clé à molette, le moteur de la Koenigsegg CC8S est désigné moteur de série le plus puissant du monde par le Livre Guinness des records. Deux ans plus tard, la Koenigsegg CCR décroche le titre de voiture de série la plus puissante du monde. Les années 2010 voient arriver l’Agera RS. En 2017, elle passe la barre des 400 km/h avec 447,19 km/h, du jamais-vu pour une voiture de série, détrônée depuis par la Bugatti Chiron Super Sport 300+ et ses 490,48 km/h. « Ils l’ont fait sur une piste fermée et nous l’avons fait sur une route publique (...), notre record a été établi grâce à une voiture de série tandis que la Chiron était un prototype présérie », se défend Christian von Koenigsegg. « Mais c’était vraiment impressionnant », reconnaît le quadragénaire.

Même si les records « ne sont pas négligeables », c’est surtout « la performance globale de la voiture » le plus important, dit Christian von Koenigsegg. Ce grand costaud, originaire d’une famille ayant « peu d’intérêt pour les voitures », raconte être passionné depuis son plus jeune âge : « La seule chose que je lisais, c’était des magazines automobiles. »

La saga Koenigsegg débute en 1994. Il faudra à Christian von Koenigsegg à peine dix ans pour présenter la Koenigsegg CC8S, son premier modèle, au Salon de l’automobile de Genève en 2003. Suivront seize autres, dont certains produits à seulement six exemplaires. Une Koenigsegg reste un objet rare : fin 2019, la marque estimait à 250 le nombre de ses voitures en circulation dans le monde. Quant au profil des acheteurs, le fabricant cultive le secret. Le boxeur Floyd Mayweather et le footballeur Zlatan Ibrahimović en feraient partie. Pour ces amateurs de supercars, il faut souvent débourser plusieurs millions d’euros : le dernier bijou Koenigsegg, la Jesko, s’est adjugé quelque trois millions d’euros. Ses 125 exemplaires se sont écoulés en deux jours. La production doit débuter cette année. Sept à huit mois sont nécessaires pour assembler une voiture comme la Regera. Un travail d’orfèvre. « C’est une façon de travailler très différente d’une production régulière, cela peut ressembler à un bijou », explique Marian Gadau, un responsable de production.

Cette année, Koenigsegg prévoit de lancer un nouveau modèle, dont l’entrée de gamme coûtera autour d’un million d’euros et au volume plus important. « Cela restera à un niveau fait main et une niche », affirme Christian von Koenigsegg.

Helene DAUSCHY/AFP

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