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Tunisie : le Parlement se réunit avant un vote de confiance au gouvernement

Le Premier ministre tunisien Habib Jemli, lors d'une interview avec l'agence Reuters, le 3 décembre 2019, à Tunis. Photo d'archives REUTERS/Zoubeir Souissi

Le Parlement tunisien a entamé les débats vendredi en session plénière pour un vote de confiance, à l'issue incertaine, au gouvernement présenté par le Premier ministre désigné Habib Jemli, qui ne fait pas l'unanimité.

"C'est une plénière attendue de longue date par le peuple tunisien" a déclaré à l'ouverture le président du Parlement Rached Ghannouchi, chef du parti d'inspiration islamiste Ennahdha.

Désigné par Ennahdha, M. Jemli propose, trois mois après les législatives, un gouvernement nombreux et présenté comme "indépendant", après l'échec des négociations avec les nombreux partis siégeant à l'Assemblée pour rassembler une coalition gouvernementale.

Signe que les négociations se sont poursuivies jusqu'à la dernière minute, le principal parti au Parlement, Ennahdha, 52 sièges, a tenu une conférence de presse tard jeudi pour assurer qu'il voterait en faveur du gouvernement. Le conseil du parti "a décidé de soutenir le gouvernement de M. Jemli et d'appeler tous les autres blocs à voter en faveur de son équipe malgré les réserves que nous avons sur certains noms", a alors déclaré le chef de ce conseil, Abdelkarim Harouni. Ennahdha va "multiplier les négociations avec les autres blocs", a-t-il souligné, assurant qu'il y avait des "schismes au sein des autres partis" concernant le vote.

Le nombre de partis ayant clairement exprimé leur soutien au gouvernement ne suffit pas à réunir les 109 députés nécessaires pour obtenir une majorité absolue.

Le magnat des médias Nabil Karoui, chef de Qalb Tounes, deuxième force au Parlement, a affirmé à la presse que ce gouvernement est "composé de compétences issues d'Ennahdha", sans prendre position clairement. Son parti, 38 sièges, a finalement assuré tard jeudi qu'il ne voterait pas en faveur du gouvernement, critiquant le manque d'indépendance et de programme.

L'ancien opposant Mohamed Abbou, chef du mouvement Attayar (22 sièges) avait affirmé mercredi que son bloc "ne voterait pas pour ce gouvernement".

M. Jemli a été secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Agriculture de 2011 à 2014 dans deux gouvernements dirigés par des membres d'Ennahdha.

Si le nouveau gouvernement n'est pas adoubé par le Parlement, les réformes indispensables à la relance de l'économie risquent d'être repoussées, alors que la Tunisie peine à répondre aux attentes sociales de sa population, neuf ans après la révolution. D'après la Constitution, en cas d'échec du vote, le président "engage des consultations dans un délai de dix jours avec les partis et les groupes parlementaires, en vue de charger la personnalité jugée la plus apte, de former un gouvernement dans un délai maximum d'un mois" renouvelable une fois.


Le Parlement tunisien a entamé les débats vendredi en session plénière pour un vote de confiance, à l'issue incertaine, au gouvernement présenté par le Premier ministre désigné Habib Jemli, qui ne fait pas l'unanimité.
"C'est une plénière attendue de longue date par le peuple tunisien" a déclaré à l'ouverture le président du Parlement Rached Ghannouchi, chef du parti...